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Chanson de panique. [PV Extasy]

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Bonhomme en pain d’épice.
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MessageSujet: Chanson de panique. [PV Extasy]   Mer 12 Mar - 18:58

Au fond le monde, c'est un peu ton carrousel. Toi t'es largué ici, on t'a jeté sur la rambarde du ciel, et t'as glissé un peu, quelques instants, puis t'as sauté par terre à pied joints, débarqué des étoiles. Et maintenant tu titubes sur l'univers qui tourne, plaquette horrible aux montures bariolées, crissant dans leurs courses fantoches. Le néant cavale au bout de tes doigts, et des vents contraires déchirent trop largement le rideau de tes paupières. Tes yeux s'entrouvrent, tu as envie de vomir : le monde, aux tours rapides tournoie grotesquement en te donnant la nausée. Tu pourrais repeindre les trottoirs de vomis, coller tes mains poisseuses aux lampadaires. Tu ne le fais pas.
Elles ne seraient pas contentes, les nymphes, douces créatures habillées de guirlandes ; puisqu'il y en a pour les arbres, elles sont là aussi en ville, dansant autour des tiges de métal laquées de givre. Tu sens confusément leur présence, dans des flaques de lumière, et tu voudrais les suivre au son doux de leur rire, mais ça ne marche pas petit ange, tu as la tête qui tourne et tes genoux tremblent en peu. Comme un papillon de nuit, alors, tu danses maladroitement dans les ombres d'Hellishdale, papillonnant des yeux entre deux mèches dorées. Le manège est trop rapide, et tu ne peux pas rester debout.
Sur le trottoir, tu t'affaisses, tout suant. Tes yeux sont rouges et tes dents claquent. Tu as raté ton cheval, il tourne loin, loin, et la carriole te passe dessus, t'écrase, les roues s'entrechoquent sur tes os bousillés. Pâte-à-modelé, tu geins, coupé en vingt par la fièvre. Les astres te répondent aussi, peut-être, soupirant quelque part dans le halo de la Lune, une douce complainte perdant ses notes sur une dernier bruissement du carré de soi nocturne. Il ne s'agirait plus de savoir se relever, il faut te soigner petite chose. Tu lèves les yeux alors, cherchant une main qui puisse se tendre, quelqu'un qui veuille bien devenir parent pour un temps.
Personne. La brume ricane autour de toi, et la nuit dans ses draps perd des lumières suintantes. La soirée bave abondamment, étoiles et brouillards mêlés ensemble dans un flot sordide. Il fait froid, et ton écharpe se tortille comme un petit animal, resserrant son étreinte.
Ou bien peut-être pas. Peu importe.
Tu es tombé malade dans ta belle jungle obscure. Là, dans la touffeur de ce Neverland brûlant. Tu as dû manger quelque chose de mauvais, ou bien les nuits étaient fraîches ; tu as trop valsé entres les différents mondes, courant de neiges en dunes pour y jouer à l'avion. Étendant les bras, t'aplatissant dans le sable ; roulant dans la poudreuse qui te mordait les joues. Maintenant, tu paies, reniflant sur le trottoir. D'un revers de manche, tu t'essuies le nez, l'air tristounet, le menton sur les genoux. Tes yeux se mettent à briller, ondoyant sur un dernier éclat de miel cristallisé, et une moue larmoyante commence à tordre tes lèvres.
La nature ne devrait pas permettre qu'on tombe malade quand on est seul. Qui alors pour vous poser dans le lit, où est la main remontant les draps ? Où sont passés maman et ses gestes si doux, où les chocolats chauds, où la chambre gribouillée de noirceur, l'espace tamisé vibrant du sommeil étendu hors du corps, submergeant le monde pour le faire un cocon ? Il manque trop de choses. La maladie est intolérable.
Alors tu te lèves, et tu commence à trottiner dans tes grosses bottes, claquant sur le bitume ton désespoir naissant ; l'écorchant sur le bord des trottoirs, qu'il se perde en lambeaux aux portes des égouts. Tu le laisse pourrir derrière, traînée de rage enfantine éclatée contre un besoin de présence. T'es dépendant gamin, t'es foutu : les autres, ce sont ta drogue à toi. Tu les prends, tu les mange, tu les mets dans tes bras, et tu les serres jusqu'à les étouffer. Tu as besoin d'eux. Il te le faut, tous, n'importe qui et absolument chaque visage souriant. Si un rire se pend aux lèvres d'un inconnu présent, juste là, à côté, c'est clair qu'il est foutu. Tu iras prendre sa main et saccager sa vie, squatter sa maison pendant une semaine ou deux, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, jusqu'au moment fatidique où ses nerfs lâcheront dans une explosion atomique de récriminations.
Ta faute. Tu ne comprendras jamais ; quand tu vois des doigts se balancer dans la foule, c'est un peu comme si t'étais un poisson, et la main ouverte, là, innocente, une méduse. Tu ne veux que la prendre, te perdre entre ses tentacules, aller poser ta tête sous la paume qui s'étend, là, entre cinq crochets souples auxquels tu n'aspires qu'à te pendre. T'es vraiment une sale chose, toujours un gosse sur une photo sépia, ondulant la mine ternis dans les souvenirs des gens. Ils t'oublient, mais toi tu te souviens, et tu chiales sur les familles brisées que t'as composé tout seul, sans l'accord de personne.
Ce soir, il t'en faut une autre, encore. Il te faut quelqu'un pour te border, pour prendre la température à ton front fouetté de mèches blondes. Tu as besoin, à en crever, qu'u ne main se pose ici, fraîche, salutaire. N'importe qui, n'importe quoi. Tu lui offriras des pancakes- tant pis s'ils sont mauvais, si c'est de la merde bon-marché. Il y a du sucre dedans, alors c'est une belle offrande.
Tu oscilles dans les brumes, tu déchires les voiles opaques dans les rues. Il n'y a rien. Rien ni personne. Les lumières tanguent au dessus de toi, tu as l'impression d'être un poisson dans un étang boueux, et là, au dessus, il y a les barques des pécheurs. C'est dégoûtant. Immonde. Leurs lampes jettent des reflets huileux sur la vase ; et si un brochet sortait d'un coin de rue pour te manger ? Ils se cachent dans la brume.
Tu te mets à crier dans la nuit, complètement paumé. Hystérique. Tu ressemble plus à grand chose, étoile décadente, astéroïde en perdition. La carrousel du monde commence à se fissurer, les chevaux tombent dans le vide.
Sous les trottoirs, il y a des ombres. Des ombres qui glissent, patientes. Le néant. Une énorme limace noire aux yeux brûlants ; les lampadaires, là, se sont les tiges de cents milles arbres oculaires. Il bave de la brume, c'est du poison qui ronge les rêves.
Halluciné, tu hurles. Les ongles battants de ta détresse s'envolent, éparpillent le silence. Tu imagines les lutins des poubelles -il y en a- qui s'effraient et coassent. Ils ont des ailes comme les corbeaux. Ils seront en colère si tu fais trop de bruit.
La nuit va t'avaler. Combien d'enfants a t'elle déjà digéré ?
Puis soudain, le monde s'éteint sur une ruelle. Puis se rallume, sous la lune. Et tes yeux vont se coller sur une silhouette, là, dans la brume. Au fond de l'impasse, au fond de l'abîme. Un autre poisson qui nage tout seul.Ton cris retombe, et tes lèvres se haussent. Les larmes aux yeux, tu fais un pas, hoquetant et avide.
Tu approches.
Le monde est un carrousel ; tu as trouvé ton cheval.

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DC de Bartel Pan.

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MessageSujet: Re: Chanson de panique. [PV Extasy]   Ven 21 Mar - 22:10

L'impasse des requiem , petite rue très peu fréquenté , mis à part par les musiciens et autres amateurs de musique , ce qui se faisait rare en cette époque.
Assit sur le bord du trottoir , les yeux fermés , bougeant légèrement la tête au rythme de la musique qui retentissait dans son casque , un jeune homme profitait de ce "bon son" rendant tous les autres bruits inexistants. Dans sa bulle , il planait sur ce morceau comme un toxico se sentirait avec sa drogue préféré.
Le morceau se finit, Dav....Extasy retira son casque puis ouvrit légèrement les yeux, ses pupilles se dilatèrent, s'adaptant à la lumière ambiante, une légère brise faisant frémir les feuilles.
Il regarda son mp3 puis cliqua quelques fois pour changer les morceaux , tenant son casque d'une main pour le remettre de son cou à ses oreilles, avant d'appuyer sur le bouton "Play" , un bruit attira son attention, le grésillement des lampadaires qui s'allument un à un , le soleil se couchant au loin, il était l'heure de partir.
Extasy se leva puis sortit une cigarette de sa poche intérieure , il en fumait une à l'occasion quand il pensait que sa vie n'était vraiment plus à ça près.
Une femme se pressa dans la rue avant que la nuit n'aboutisse à son paroxysme  , il eu le temps de lui demander du feu, puis commença à avancer, nonchalant dans la nuit apparente .
D'un coup, la lumière s'éteint sur lui, il ne s'ne souciait pas trop , il regardait les étoiles la clope à la main , la musique doucement en fond pour entendre la brise légère du vent qui s'engouffrait dans l'impasse.
Un cri retentit , une enfant ? Il avança sans y prêter gare , jusqu'à ce que l'enfant en question lui apparaisse durant sa marche , il se calme , étrangement mais les larmes sont à la limite de ruisseler sur ses joues, après tout qu'en avait-il à faire?

- Tu veux pas pleurer en silence s'il te plait ? Merci.

Puis avança les mains dans les poches la clope au bec.
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Bonhomme en pain d’épice.
Féminin Messages : 23
MessageSujet: Re: Chanson de panique. [PV Extasy]   Ven 28 Mar - 18:50

Déphasé le gamin, perdu dans ses songes, dans sa réalité ; plus ronde, plus douce, et inquiétante pourtant, presque plus glauque que les rues embrumées d'Hellishdale Plus violente peut-être, dans ses accents aigus de peurs innocentes échelonnées en pandémonium de l'imaginaire- trop vif dans la caboche dorée du môme, mordante, à lui ronger les tripes, à lui griffer les paupières. Gamin s'oublie et se laisse tomber ; il lève son visage étoilé vers son sauveur indifférent. Ses grands yeux d'ambre fauve guettent des cauchemars qu'aucun autre ne voit, et pour lui le danger vient d'en dessous des trottoirs, du glissement des poissons-chats qui chantent dans les égouts... Il sait que les poissons-chats sont démoniaques, il a l'a lu quelque part, dans une bande-dessinée. Alors il a peur Misael, il ne veut pas savoir ce qui se cache à l'intérieur de l'épais sirop de noirceur écoulé sous l'asphalte, quelle genre de créature peut bien peupler cet univers obscur, immobile sous leurs pieds, présent pourtant, terrible enfer remué de songes morts. Il a peur de couler dans le néant, de découvrir que les ténèbres ne sont qu'une gigantesque limace anthropophage, dont les yeux hallucinés, périscopiques, hantent Hellishdale sous forme de lampadaires. Alors, il se sent guetter sous leur lumière huileuse, il a peur que l'un d'eux ne se tende pour l'attraper. Même la radiance, bouclier des plus jeunes, ne suffit plus à son âme esseulée. Rien d'autre ne pourrait le protéger qu'une autre présence, qu'une chair toute proche, qu'une silhouette qu'il se serait approprié d'une étreinte pitoyable.
Et tout vaudrait mieux que les cauchemars d'un enfant. Il n'y aurait rien de plus horrible que cette solitude acharnée, ce mal vicieux qui s’immisce en transformant le monde en gigantesque chambre plongée dans la noirceur- mais sans le lit plein de draps rassurants, froissés entre les doigts, sans couvertures où se cacher des monstres. Sans protection contre le souffle glaçant de la nuit, longue dame en deuil du jour qui laisse traîner ses mains moites sur les joues du gamin. Aussi, le môme ne cherche pas, n'entend pas. Les paroles ricochent sur lui, et passent, se perdent parmi le gravier figé du trottoir. Il vient se serrer contre Extasy, avec sa moue trempée de larmes, et il renifle contre sa jambe, bout de bois flottant dans la désolation de noirceur où sont perdus ses mains gantée ; une jambe emprisonnée entre deux bras portés disparus sous les manches affamées de son pull. Il ne le lâchera plus. Ce sera son totem pour passer la nuit, sa peluche porte-bonheur. Il en fera sa protection ultime, son dernier recours, et alors, alors, oui, hors de question de le laisser filer.
Il force le contact, tombé à genoux, projette son visage brûlant et moelleux contre la jambe du Guide.
Non Extasy, non, tu ne t'échapperas pas.


-J'ai peur des monstres. Tu peux me protéger ? T'es tellement grand. Ça se trouve que même tu peux les battre et qu'ils ont peur de toi.
Il renifle un instant, puis oublie sa tristesse. Déjà calmé par cette présence humaine, contenté de la chaleur volée au corps maigre du Guide. Tout ce qui compte est là, entre ses bras, ce pilier de viande, de tendons, d'os, cette architecture fantastique et ardente où coule un sang terriblement fluctuant, terriblement chaud, un bout de viande si rassurant... Misael aurait pu se serrer contre une côtelette de bœuf échappée d'un barbecue qu'il en aurait été heureux, oublieux de la graisse au profit de sa température.
Avoir trouvé un humain contre lequel se terrer des ombres effrayantes, c'est tout de même bien mieux. Et puis, les côtelettes de bœuf ou la viande cuite refroidissent vite. En plus, elles ne peuvent pas combattre les monstres. Alors que ce grand échalas... Oui oui, il fera un super ninja contre les ténèbres suintantes. Un merveilleux protecteur.
Misael ouvrit plus grand les yeux. L’accordéon en ruine de ses iris déploie des danses d'aurore chantante.

Dis, tu sais faire du Kung-fu ? Tu peux tuer les méchants hein ? T'es fort pas vrai ?
Puis, le môme fronce ses sourcils blonds. Un instant, il semble captivé par une idée qui tourne subrepticement derrière son front glacé ; il mord ses lèvres sucrées. Et après quelques secondes de réflexions, le bonhomme en pain d'épice éclaire son visage d'un sourire rayonnant, fourrant une main dans une poche de son jean trop ample. Alors, il en sort un trésor piteux, un croissant aux amandes légèrement aplatis. Il ne sent plus la boulangerie, il fait un peu la gueule ; peut-être bien qu'il l'a pris ce matin, ou il y a une semaine.
Il offre sa plus belle risette à Extasy, tendant la viennoiserie, offrande immense et ridicule. En se relevant, comme si de rien n'était, le gamin met sa main dans celle du pauvre bougre ; dans un même temps, sans le laisser souffler.

Tiens, c'est un cadeau pour te faire merci de me protéger contres la limace des dessous de trottoirs. Dis, les ninjas comme toi, ils aiment bien les pâtisseries ? Moi j'adore ça tu vois.

Immense face livide balafrée d'espoir, un visage d'une innocence maladive, d'une candeur à gerber. On pourrait le froisser entre ses doigts, comme une feuille vierge tendant sa pâleur suppliante vers une mine salvatrice. Il a l'air de ces coins vides qui doivent être remplis.
Môme papier-buvard qui se gorge à la pointe de n'importe quel pinceau.
Extasy, hé Extasy... Pauvre mec, dans quelle genre d'aventure foireuse tu viens donc d'embarquer de manière absolument contrainte ? Il te serre le gamin, une pluie d'étoiles filantes dans les yeux. Il veut fusionner avec toi.
Et c'est promis, crois le bien : il ne te lâchera pas de sitôt. Parce-que sur le grand carrousel du monde, t'es le meilleur cheval qu'il a trouvé par cette nuit dégoûtante. Alors vas-y, tourne avec lui, fais quelque ronds sur la piste bigarrée.
Peut-être pourras-tu le jeter à ton prochain virage....

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DC de Bartel Pan.

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