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Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]

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Moon Engineer
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MessageSujet: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Jeu 20 Mar - 19:25














 ❝ Wake up in a dream ❞
"Frozen fear"




Froides comme la mort. Ces pages qui tournent, se referment sous ses doigts. Ses dossiers sans âmes, dénués du moindre intérêt. Peut-on imaginer livre sans images ?! Les adultes. Encore eux ! Eux et leurs idées grotesques. Ils avaient donc le don de rendre les choses tellement plus compliquées. Tellement plus ennuyeuses. Dans toute sa brève existence, Silver n'avait jeté son dévolu que sur des livres illustrés. Des encyclopédies. Des contes pour enfants ou des récits d'aventure. Les longs et fastidieux romans purement textuels ne l'intéressaient guère. Il était pourtant loin d'être stupide, contrairement à ce que son apparence et sa naïveté enfantine laissaient entendre à autrui. Aux cinq autres. C'est qu'il cachait bien son jeu, à rire avec Berith, à s'agiter doucement sur son siège bien trop large, bien trop grand. Mais la Démence, en plus de bien porté son sobriquet, analysait sans perdre une miette. Embrasait le monde de ses améthystes brûlantes de savoir. Besoin de comprendre, d'apprendre, en permanence au creux du cœur. Dans un sens, la sirène avait bien grandi malgré son obstination malsaine à vouloir se bercer d'illusion dans un cocon de douceur et de jeunesse feinte. Il avait déjà trop vécu. Elle avait déjà trop subie. Mais qu'importe les humiliations du passé lorsque l'on est parvenu à se hisser si haut, au sommet de tout ou presque. Seul demeurait Hellish, plus haut encore. Mais Silver ne lui en voulait pas. Comme il aimait cette créature. Ce protecteur silencieux dont-il était à coup sûr le favori parmi ses pairs.

Tu es Architecte Silver. Un Roi parmi les Roi. Tu as enfin obtenu le trône que tu désirais tant.

Mais qu'importe la couronne lorsqu'on demeure aussi froid que la neige la plus fraîche. La noiraude n'était que glace, à l'instar des pics enneigés d'Aerials. Sa peau à peine duveteuse n'était que pluie frissonnante, désespérément gelée à se languir d'un contact humain pour lui apporter enfin la fièvre. Mais qui voulait lover son corps contre un être aussi froid... ? La température tout comme la mort lui était inconnue, quand bien même fut-il capable de percevoir la douleur en plongeant son bras dans l'eau brûlante. Mais pas la chaleur. Jamais. Seulement ce froid mordant, jusqu'à ce qu'un corps chaud vienne ramener le sien à la vie. L'espace de quelques secondes. Le temps d'une étreinte. Quelques minutes d'abandon. Mais il n'était pas de ces gens là. De ceux à s'offrir pour une minute de tiédeur moite. Il n'était pas ainsi, il méprisait ces personnes. Ces adorateurs de la chaire. La sienne était maigre. Chiche de forme autre que ces deux mamelles mal esquissées. Mal foutue, mal équilibré. On aurait cru un pantin avide d'amour. Voleur de sentiment. Voleur de propriétés. Ces pages aussi froide que son propre être ne lui appartenaient pas. Elles avaient été oubliées sur leur immense table de réunion. Près de l'un de ces fauteuils bien trop imposants. A la place du glacier. Paradis infernal, enfer enneigé aux allures de dictature froide. Et cet home. Cet homme ! Pas une seule fois Silver ne l'avait vu esquisser l'ombre d'un sourire. Un tel contrôle sur soit. S'en était effrayant. Il ne lui avait pas fallut bien longtemps pour noter ce nom identique à celui du plus expansif Berith. L'opposition, en plus d'être total, était saisissante. Surprenante. Comment deux êtres aussi diamétralement opposés pouvaient-ils avoir vu le jour d'une même famille... ? Il n'avait certes pas questionné le colosse du désert sur ce sujet, pas plus qu'il n'avait adressé mot à son cadet. Tout nouveau Architecte qu'il était, il ignorait encore les grandes histoires ayant traversé les mondes. Lui qui était naquit cinq ans auparavant entant que maître d'un monde et n'était entré réellement dans la course aux Essences que depuis quelques mois à peine. Il était ignorant de bien des choses, inexpérimenté, partant d'ailleurs avec le handicap non négligeable de l'incapacité de sentir et d'être sentit des Guides.  

Ces cinq années de préparation avant de se montrer aux autres lui avaient cependant valu d'obtenir pas moins de trois guides. Il ne rivalisait encore avec aucun des mondes, mais progressait avec le temps. Inferna et Aerials avaient eu des siècles pour abreuver leur terres des âmes des curieux. Dementia venait à peine de naître. Quel triste pied d'inégalité. Il emmêla quelques mèches de nuit autour de ses doigts graciles, y cherchant peut-être des étoiles sans succès. Il aurait aimé être le ciel d'une nuit illuminée d'un croissant de lune. D'un sourire de Cheshire. Sombre mais rassurant. Tout comme le sourire d'October. Un claquement de main sur les pages griffonnées de mots complexes. Comment pouvait-il espérer rendre cela à son propriétaire s'il était incapable d'entrer dans son monde ou même de trouver l'un de ses guides... ? Il n'allait tout de même pas patienter jusqu'à la prochaine réunion ! L'homme du froid avait largement le temps de planifier un centaine de mises à mort possible contre le fameux « voleur » d'ici là. Wilhem n'avait pas franchement l'air conciliant, avec ses yeux figés et son visage strict. L'Essence même de cet homme appelait à la sagesse et la désillusion froide de ceux qui ont vécu milles ans, ceux ayant pu tout voir. Bartel était ainsi, tout en ayant préservé jalousement une part de son innocence, rendant la chose plus belle qu'inquiétante. L'Architecte d'Aerials, si toutefois il était bien Homme, ne semblait ressentir aucune des émotions primaires que l'on accordait à une existence. Comme si tout cela lui était égal. Pas de passion, pas de folies viscéralement irraisonnée. Même October qui n'éprouvait dans son souvenir qu'un singulier désintérêt pour la vie elle-même éprouvait un attachement et une dévotion dévorante pour... Non. Il n'avait aucunement envie de réveiller sa propre démence. Pas ce soir. Wilhem Desya était un être monstrueusement complexe à jauger. Arrêtons nous sur ce sujet. Non pas que le petit être de fureur en ai quoique ce soit à faire du glacier humain, mais puisqu'il avait ses dossiers entre les doigts... Ses pensées pouvaient difficilement se tourner vers qui que ce soit d'autre pour la soirée. Cela n'était certainement pas plus mal pour lui qui sans cesse était rongé d'une triste mélancolie amoureuse. Dévoré de jalousie, vice parmi les vices, éraflé de passion meurtrière.

Toujours était-il qu'il avait récupérer ces quelques papiers que par simple charité. Il était préférable pour leur auteur qu'il s'agisse de lui plutôt que de l'un des quatre autres. Il n'était ni le plus stratégique, ni le plus virulent. De plus, Hellish n'était certainement pas là pour faire office de gardien des objets trouvés. S'il pouvait lui faciliter l'existence d'une quelconque façon que ce soit, Silver en était fort ravis. Peut-être cela lui vaudrait-il une nouvelle visite du Lapin Blanc sous peu. Penché sur son lit à le regarder dormir, ou plutôt somnoler. La Démence n'était jamais aussi tranquille que lorsque l'étrange entité veillait sur son sommeil, là ou n'importe qu'elle autre personne aurait été saisi de panique. L'apparence de l'hybride n'était certes pas rassurante, mais allez donc expliquer cela à un enfant n'ayant connu qu'un monstre en guise de premier réel homme dans sa vie. Allez donc lui exposer la chose avec des mots simples, lui dire que cela n'est pas normal, que cela ne devrait pas être ainsi. Ne contrariez ô grand jamais cette créature à vif, brutale dans sa quête de sécurité, forgée par des idées et des horreurs aussi tordues que l'est actuellement sa personne. Silver s'en fout. Silver survit tout simplement. Jour  après jour. Avec espoir. Et il aime bordel. Il déborde tant d'amour qu'il ne sait plus quoi en faire, puisque personne n'en veut. Puisque personne ne veut être le réceptacle où verser cette déferlante d'affection sans bornes. Le temps fera les choses oui. Mais il ne suffit plus de se le dire. Silver va sombrer d'un instant à l'autre. Il commence déjà s'éteindre. Il entraînera les âmes ayant croisées son chemin dans sa chute. A moins qu'on ne le laisse se faner seul, l'oubliant bien vite. La Démence ne veut pas d'une telle fin, ça serait trop horrible.

Elle rêve de contes de Fée. De princesse et de princes charmants. D'ailleurs, Wilhem a tout du sauveur sur son cheval blanc. Un prince parfait qu'on ne fantasme plus mais qu'on discerne sous son vrai jour. Trop parfait. Trop vide. Trop blanc. Il est aussi triste que les pages de ses écrits sans images. Rien n'est plus triste qu'un récit sans images.

Une orbe améthystes s'ouvre brusquement sur la porte. Dementia a bougé. Il le sait. Il le sent. Personne ne ressent mieux son monde que cet Architecte misérable, minuscule. Il espère qu'il s'agit de Poussière. De Misael. De Bartel peut-être. Il sait déjà que non. Silver n'aime pas la présence qui se fait sentir sur son territoire. Ses terres. Qui a bien pu entrer ? Comment ? Il ne sentait pas d'Essence. La noiraude fronce les sourcil, se lève brusquement dans sa robe bleuté. Il sait qu'il est le maître ici, qu'il a le pouvoir nécessaire pour repousser son agresseur. Mais il sait aussi que ses capacités ont leurs limites sur le seuil de la douleur. On entend ses canines crisser contre ses autres dents, ses ongles s'enfoncer dans le bois de la table. Décidément, La Démence ne supporte pas d'être dérangée. Inexplicablement, à l'instant, elle se sent plus froide encore que d’ordinaire.


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Dernière édition par Silver SilentCry le Jeu 27 Nov - 22:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Lun 12 Mai - 21:50





Le cristal parfait se délita et s'effaça sous la chaleur de ce monde si détestable. Par le hasard du voyage, il avait emporté avec lui un peu de son propre univers sous la forme de ces minuscules flocons de neige si parfaits. Éternels dans son monde natal, ils étaient ici l'incarnation de l'éphémère. Et cela ne pu que contribuer d'avantage à sa rage.

Sa rage froide bien évidemment, une colère démesurée ou irréfléchie n'était absolument pas son genre. Il n'y avait qu'un seul être qui pouvait lui faire perdre un tant soit peu le contrôle absolu sur ses sentiments. Celui-là même qui l'avait conduit ici et qu'il congédia d'un geste ample, dominateur et gracieux. La vision de son aile brisée ne l'intéressait plus, justice avait été rendu au premier des fautifs, restait à débusquer le second.

Si l'Avorton pensait qu'il allait rester de marbre face à une violation aussi grossière de sa propre demeure, il se fautait son sale petit doigt dans l’œil et jusqu'au coude. D'un geste précis, il remis en place son gant gauche. Il était tant que cet être bruyant soit réduit au silence. On verrait qui serait le plus fort loin d'Hellish une fois qu'il l'aurait touché de son pouvoir.

Il ne daigna pas jeter un regard à ce monde chaotique et désastreux. Ce qu'il pouvait voir devant lui le dégouttait déjà suffisamment. Comment pouvait-on laisser un monde sombrer ainsi dans la décadence? Même son demi-frère n'en avait pas autant fait avec le sien malgré sa corruption charnelle aussi ridicule qu'elle ne manquait pas de l'obséder. Ces Architecte était donc si faible que la simple chair pouvait les détourner de leurs devoirs.

Lui n'a jamais oublié son rôle, celui de créer la perfection, d'administrer cette perfection et d'empêcher le chaos la pervertir. Mais son sens du devoir envers cette construction, qui aurait été sacré si il avait cru dieux il y eu, ne lui faisait pas oublier ses droits. Et le Lapin n'aurait rien à redire contre cela, si il voulait que le conflit demeure une guerre froide et pas ouverte, il avait tout intérêt à lui laisser régler cette histoire comme il l'entendait.

Alors qu'il avançait vers ce Pink Palace, il pouvait sentir autour de lui que l'univers qu'il traversait le vomissait. L'herbe, enfin, si on pouvait appeler ça de l'herbe, crissait sous son pas, l'air semblait se refuser à son contact glacé. Un monde qui n'avait jamais été dompté et n'avait jamais connu que la poigne laxiste et lunatique d'un sale gosse.

Il gravit les marches sans se soucier de leurs plaintes sinistres et arriva devant la porte. Un instant, il hésita à la faire sauter de ses gonds sans autre forme de procès mais il se ravisa, ce genre de comportement était bon pour son sanguin de demi-frère, pas pour lui. Il frappa trois coups sec à la porte et attendit, remettant son gant en place juste après. Un geste futile qui servait plus à contenir sa colère qu'à autre chose, ses gants lui était suffisamment bien adapter que pour ne pas glisser après si peu qu'une caresse sur une porte.

Il attendit. Certains auraient jugé stupide de s'annoncer ainsi. Ceux là n'étaient que les fous qu'ils prétendaient ne pas être. Un Architecte, même aussi mauvais que la môme, ne pouvait ignorer quand l'un de ses semblables pénétrait en son propre monde. Même si de semblable il n'y avait que le titre qui le liait à l'autre...


Dernière édition par Whilem Desya le Ven 23 Mai - 13:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Jeu 22 Mai - 0:23














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Dementia désincarnait la neige comme son Architecte éclatait en folie exsangue. Wilhem aurait dû le savoir en posant le pied ici, quittant ses terres gelées pour de nouvelles beaucoup plus...  Dépaysantes. Par une once de neige ici bas, pas même l'ombre d'une température. Silver ne recréait que ce qu'il connaissait et  la sensibilité aux températures n'en faisait pas parti. Il aurait pu survivre quelques jours presque nus dans les montagnes d'Aerials avant de s'effondrer.  S'il ne ressentait pas le chaud ou le froid, son corps réagissait tout de même à la douleur de plonger son bras dans l'eau bouillante sans pour autant la sentir. A force de marcher dans la neige, il aurait finis par engourdir son corps au point de ne plus être capable de le bouger. Engourdir, annuler. L'Architecte de glace pouvait lui voler ses pouvoirs tout comme la neige non sentie pouvait engourdir ses membres. Mais tant qu'il restait sur son terrain, il était parfaitement mobile, parfaitement supérieur. On a pas idée d'attaquer un être aussi instable dans son propre monde qui plus est. Silver n'était pas Berith, il ne passerait pas outre les propos de l'homme aux cheveux blancs. Ni aussi amicale, ni même aussi magnanime. La Démence était dangereuse.

Un coup.

Silver s'éveilla de sa torpeur, malice au coin des écarlates humides de la pointe de sa langue. Quelques secondes fugaces, il s'interrogea l'air de rien, innocente au bout des cils. Si je dévore son corps, est-ce que toucher ses entrailles et son être me glacera de l'intérieur... ? La sirène ignorait l'étendue ou même l'effet conséquent du pouvoir de cet homme, mais il n'avait pas l'intention de se laisser approcher d'une façon ou d'une autre. Craintif, sauvage. On n'empiète pas ainsi chez lui sans y être invité. Wilhem faisait tout aussi bien d'instaurer une certaine distance entre eux. Même privé de ses dons de télékinésie, il n'en demeurait pas moins un prédateur agile et vif, capable de déchirer sans peine la gorge d'un homme aussi gracile que celui-ci. Wilhem n'était ni Berith, ni Ambrozius. Ses capacités physiques avaient des limites plus amoindries et Silver en avait déjà éventré de bien plus gros que lui. Peut-être le sous estimait-il, mais il avait également confiance en ses crocs élimés avec soin.

Deux coups.

Dementia se tordait, repoussait, il la sentait hurler en lui, dans son crâne, l'empêcher de fermer l’œil plus que d’ordinaire, geignant d'un danger croissant, mordant. Un Architecte ennemi, une menace ouverte que ce monde innocemment rose, malsain de tant de candeur. Dementia se débattait, tentait d’expulser la tumeur neigeuse, de supprimer cette cellule porteuse d'un cancer glacé. Silver savait déjà, sans même l'avoir vu. Il sentait l'essence même de son être, en résonance presque complète avec son univers, celui qui avait battit sur les cendres d'un amour sacrifié. Il retroussa un instant sa carmine, dévoilant un dent, promesse de milles entailles plus ou moins douloureuses. La créature n'avait pourtant nullement l'intention de se battre ouvertement avec l'homme du froid, mais ses instincts en alerte ne trompaient pas. Wilhem n'était pas là en ami. Cela était évident.

Trois coups.

Les violines fixées dans le couloir, l'Architecte désabusé s’assoit dans une volée de jupons sur le siège le plus imposant après avoir tourné celui-ci vers l'entrée. Il semble plus petit encore que d’ordinaire, les gambettes dévorées par toute ses tentures bouffantes. Une poupée de chaire froide aux cheveux en bataille, les lèvres en coquelicots éclos sur ses éternelles dents, poignards affûtés comme ses oreilles trahissant magistralement son manque certain d'humanité malgré son effort continuel à vouloir se faire semblable à une petite fille. Il ouvre la porte dans mouvement de doigts qui se veut gracieux et négligé. Ces derniers temps, il a retrouvé un contrôle prometteur sur son pouvoir, tentant d'en percer les limites. S'en servir plus longtemps, esquiver les horribles migraines survenant après une utilisation trop intensive. Petit à petit, le misérable sixième Architecte devenait plus fort. Le battant de bois s'ouvrir avec fainéantise sur la silhouette longiligne de Wilhem, la créature levant un sourcil à peine surpris. A bien l'observer, le bout de ses pieds ne touchait même pas le sol tant il était enfoncé dans son fauteuil. Parodier l’innocence ou les adultes, toujours. Un peu ridicule dans sa tentative de paraître sur de lui, peut-être.

« C'est bien ce que je me disais... Qui d'autre que toi peut apporter un tel... Froid, avec lui... »

La Démence laisse le visiteur imposé s'avancer à sa guise, tant qu'il ne franchit pas la limite. Silver n'aime pas la proximité. Même si Wilhem est bien plus grand, le réel danger émane du plus petit. Ils sont dans son monde, après tout.

« Il faut être au moins aussi fou que moi pour oser venir déranger un Architecte dans son propre chez lui et visiblement... Seul et sans défense... »

Il s'était à peine redressé pour s'assurer de ses dires, lorgnant derrière l'épaule du glacier. Geste inutile. L'autre aurait bien pu se flanquer d'une armée ou d'une souris qu'il l'aurait sentit. Faible mais avec l'avantage indéniable d'avoir son monde dans la peau et dans l'âme. A moins que cela ne soit l'inverse. Qu'importe. Il ferma les yeux quelques secondes, coupant cours au moindre contact visuel de ses améthystes contre ses opalines là. Seuls ses ongles trahissait son agitation intérieur certaine, venant claquer contre les bois des accoudoir avec régularité. Puis il esquissa un geste de côté pour s'emparer du carnet laissé sur sa table, l'agitant dans sa main en menaçant d'en faire sortir quelques pages pour les éparpiller au sol. Et les piétiner. J'en ai terriblement envie.

« J'imagine que tu viens pour ça hein ? Je n'y ai pas touché, ne t'en fais pas. Un livre sans images... Ça te ressemble bien. »

Plissant les yeux, la bestiole battit brièvement de ses longs cils noir, faisant mine de tendre le dossier avant de le ramener à lui, sagement calé sur ses genoux. Wilhem pouvait prendre un siège, s'amuser à régler l'horloge ou même rester planté là tant qu'il gardait ses distances. La noiraude ne lui rendrait son bien qu'à quelques conditions. Ces papiers ennuyeux n'étaient tout de même pas si importants que cela... ? Il continua de sa voix monocorde et enraillée par les quelques cigarette qu'il avait fumé avec plaisir depuis son arrivée à HellishDale.

« Mais avant, puisque j'ai enfin quelqu'un d'influent sous la main, j'ai quelques questions à te poser... Si tu le permet... ? J'espère bien parce que je ne te le rendrais pas avant. »

Et si tu approche, crois moi que tu apprendra à voler.




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Dernière édition par Silver SilentCry le Mar 8 Juil - 23:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Sam 24 Mai - 10:08





Et voilà, dans la gueule du loup... Enfin, si on pouvait appeler ça un loup. Une mise en scène pitoyable, digne d'un mauvais film d'horreur d'humain. Une décoration à vomir, autant dans le choix des textures que des couleurs. Et une sorte de suffisance, à la fois narquoise et carnassière, qu'il n'appréciait absolument pas. Mais soit, il n'avait pas assez de temps pour refaire l'éducation de ce morveux et il n'en avait pas vraiment l'envie.

A l'entendre parler, il le croyait fou ou stupide. La deuxième hypothèse étant la plus vraisemblable. Comme si il pouvait lui donner des cours de tactique ou de stratégie. Lui répondit à ses propos par le silence, il attendit d'être sûr que le sale mioche ait fini avant d'ouvrir la bouche. A un pas de la porte, il connaissait bien mieux que de s'approcher d'avantage.

L'autre connaissait son pouvoir, il n'en comprenait certainement pas toutes les subtilités, mais il savait déjà que le contact était nécessaire et c'était suffisant. A partir du moment où Whilem serait trop proche, il tenterait de l'envoyer valser. La leçon promettait d'être plus ardue à dispenser. Rien d'imprévu cela dit. Et puis, pour le moment il ne s'agissait que d'un préambule.

Il réajusta une fois de plus son gant, sans cesser de regarder ce sale môme mal élevé. Un siège? Un rafraîchissement? Pensez-vous... Son frère lui-même était plus versé dans la politesse, bien qu'en guise de remerciement, il avait plutôt tendance à proposer des catins. De toute manière, il était préférable qu'il soit debout.

Il hésita un instant. Avait-il une chance de le tuer avant qu'il ne bouge pour le punir de son arrogance outrageuse ou bien trouverait-il la patience de voir plus loin ce qu'il lui voulait réellement. De toute évidence, il n'en avait rien à faire de ce dossier. Ce qui en soi était un soulagement, au vu des données qu'il contenait.

Il haussa un sourcil au dessus de ces yeux froids encore luisant de rage. Le cinéma grotesque de cette créature ne suffira pas à éteindre le blizzard qu'il avait déclenché par son intrusion. Mais en attendant de prendre définitivement l'avantage dans un possible affrontement, l'Architecte préféra voir si une solution plus diplomatique pourrait lui éviter de salir ses gants.

"Me crois-tu assez fou pour venir ici sans avoir prévu chaque détail de notre rencontre? Tu es décidément plus stupide que ce je ne pensais. Pose ta question et j'aviserai. Mais je te préviens, Silentcry, si je ne récupère pas mon bien, ce n'est pas Hellish qui pourra venir au secours de ton univers tordu..."

Autant jouer sur la franchise, les informations à l'intérieur du carnet valaient une guerre quoi qu'il puisse advenir. Si ce n'était pas lui qui la déclenchait, ce serait le premier des autres architectes qui en aurait tout le loisir. Il ne fallait pas être dupe, chacun d'entre eux possédait son petit réseau. Et chacun avait ses petits secrets. Les siens avaient juste tendance à être un peu plus gros que d'autres.

Ceci dit, il justifiait avec allégresse un acte dont il avait souvent rêvé. Mettre à genou Dementia. Tuer dans l’œuf cet univers plus dégoûtant qu'aucun autre. Et enfermer la geignarde, l'anomalie dans son jardin du silence. Ce n'était pas pour rien que depuis un an les usines d'armement de son univers tournaient à plein régime, loin des regards à l'abris des nuages parfait d'Aerials.
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Mer 28 Mai - 0:37














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A bien y songer, Wilhem lui apparaissait tel un Randall moins massif, l'amabilité en moins. Homme des glaces, homme du froid, impassible de visage, bouillonnant certainement de l'intérieur dans une lutte acharnée de sentiments contraires. Car l'Architecte d'Aerials, si marmoréen soit-il, ne pouvait n'être qu'une vulgaire statue aux pensées droites et sans détours. Silver se refusait à le croire. Cela aurait été trop effrayant... Trop... Adulte. Wilhem était en quelque sorte l'incarnation même de tout ce qu'il exécrait. L'être fier et sans faux pas, le modèle parfait que l'on attendait d'un homme. La tête sur les épaules, les ailes coupées pour rester au sol. Même Randall n'avait pas atteint un tel degré de maturité. Il s'émerveillant encore d'un rien, des fleurs dans les jardins public. L'homme ici présent – Silver en était intimement convaincu – ne s'émerveillait plus de rien. Si froid, si vide. La noiraude en frémis et fut contrainte de détourner le regard pour ne pas se geler dans ces yeux là. Pierre taillée dans le cristal le plus pur, le plus net. A côté de cet ordre incarné en un regard, les orbes violines de la Démence évoquaient du sirop sucré, explosant en couleurs d'aurores boréales étirées à volonté d'un trou noir dévorant ceux qui voulaient bien s'y égarer. Wilhem ne voulait pas s'y noyer, cela était évident. Tout en lui exsudait ce refus, ce rejet de l'étrange désordre organisé qui régnait ici.

Silver ne considérait pas l'homme de neige comme fou, ni même idiot. Bien au contraire. Il le soupçonnait d'une grande intelligence ainsi que d'un esprit logique à toute épreuve, ce qui lui permettait entre autre de justifier son attitude peut engageante ainsi que son extrême méfiance. Il sentait la mort émaner de cet homme là, embaumer ses chevilles, désireuse de le tirer à lui pour mieux l'étrangler. Le sixième n'avait nullement l'intention de le laisser agir à sa guise. Pas ici. Il n'était plus dans son palais des glaces à couper la langue à quiconque le dérangeait un tant soit peu. Pourtant... Les paroles du cendré eurent le mérite certain de lui faire relâcher sa tension. Affichant l'air déconcerté, curieux, qu'on lui connaissait bien, il sembla émettre une réserve certaine quant aux paroles proférées par son semblable, hochant même ostensiblement la tête pour appuyer sa surprise. Wilhem ne comprenait donc pas la règle du jeu ici...

« Comment peux tu prévoir quelque chose d'imprévisible... ? Ne te donne pas n'importe quelle présomption. Ici, tout n'est pas réglé au millimètre près, tu n'es pas chez toi Wilhem. »

Si même Silver ne pouvait prévoir les retournements et détournements de son prorpe monde tant il était versatile, comment un étranger en était-il capable ? Il n'était certes pas encore menaçant mais l'adulte se donnait en ces lieux des pouvoirs qu'il ne possédait pas et évaluait ses propres compétences à la hausse tant et si bien qu'il risquait de s'en retrouver désavantagé. La tête brune ne prétendait pas gagner d'avance, mais... Gagner quoi, au juste... ? Un affrontement qui n'avait commencé que dans leurs esprits affûtés par la Guerre Froide... ? Un duel de regard qui n'en menait pas bien large pour l'heure. Par réflexe, le cadet fermant son visage d'une façon quelque peu ridicule, singeant l'homme du froid pour tenter de déchiffrer le pourquoi de son attitude. Silver n'avait définitivement pas l'intention de se battre aujourd'hui, d'aucune manière que ce soit. Il était tout à fait disposé à parler « affaires » et stratégie, ou même à lui rendre simplement son bien une fois qu'il aurait accédé à sa requête. Wilhem semblait le voir en danger, presque en tricheur. Mais Silver n'avait aucunement faussé le jeu. Un jeu dont, du haut de son jeune âge, il peinait encore à saisir pleinement le sens. Je veux seulement le récupérer, celui qui est à moi. Rien de plus. Je n'ai besoin de rien de plus si je suis aimé...

Il s'était levé, lissant par de grands gestes poupins les volants de sa robe froissée. Il paraissait si minuscule, si rond par rapport à cette montagne fine, rachitique dans son costume droit et bien coupé. La Démence sembla le jauger d'un regard pour l'heure infiniment sage et dont toutes traces d'animosité s'étaient évanouies. Il constata sans grande peine que le cendré s’embarrassait de gants mais n'en fit pas grande analyse. En seulement trois pas, i lavait rejoint l'Architecte du froid, la tête levée pour pouvoir le regarder. Tu devrais toujours regarder les mains de tes adversaires. Mais la noiraude ne voulait pas d'affrontement. Pas ce soir. Cet éternel soir où la lune de papier brûle en son cœur pour en attiser les flammes de mélancolie. Ses petits doigts si fins, si cassants, s'enroulèrent sans mal autour des pattes d'araignée blanche de Wilhem, malgré les gants, le tirant doucement vers la table dans un geste effroyablement... Enfantin. Regard interrogateur à l'appuie. Il en avait presque oublié qu'il avait été le premier à se montrer menaçant.

« Bien, on dirait que je manque à tout mes devoirs, nh ? Pas étonnant, tu arrive avec une aura si menaçante, n'importe qui d'autre te ferait un tel accueil. Arrête de bouder, tu n'es plus un enfant ! Prend au moins une tasse de thé, quelque chose, réagis au moins !»

Il avait appuyé ses paroles d'un rire cristallin à s'en briser sur les vitres. Était-ce Silver La Mère qui parlait à cet instant... ? A moins que cela ne soit l'Enfant qui s'émerveillait enfin qu'un camarade de jeu inconnu vienne le rejoindre dans son délire monumentale. Dans le même temps où il força le visiteur à prendre un siège et retrouva le sien, un automate désarticulé tituba dans la pièce en tentant tant bien que mal de ne pas laisser échapper son plateau de fer blanc. La Démence laissa échapper un soupire sonore, signe de son exaspération pour ces êtres de porcelaine. Celui-ci semblait peiner plus que de raison, avec la béquille qui lui faisait office de jambe droite et la cage à oiseaux qui emprisonnait son visage fissuré et dépourvu d'orifices oculaires. Manquant de renverser le plateau ainsi que le service à thé coloré qui y reposait, la créature le déposa brutalement sur la table dans un léger fracas avant de s'effondrer au sol, son « menton » cognant le coin de la table au passage. Silver se massait déjà les tempes et leva les jambes pour poser les pieds sur l'automate qui faisait ainsi un merveilleux tabouret, étalé sur le sol. Incapable. Croisant ensuite les doigts pour y déposer sa joue, l'enfant de suie lançant un sourire élimé de ses dents carnassières à l'autre Architecte, le laissant se servir à sa guise si l'envie lui prenait. On avait connu Silver avec un meilleur sens de la fête mais l'accueil réservé seyait parfaitement à la personnalité plate de Wilhem.

« Alors dis moi... Je sais que l'un de tes guides – peu importe lequel – a fréquenté l'hôpital de Lewis. Il m'en a parlé, quelques fois. A tu des nouvelles de lui.. ? De Lewis. Disons que je l'ai laissé dans un état discutable la dernière fois que nous nous sommes vu, ahah. »

A en juger par son rire, un « état discutable » pouvait signifier tout un tas de choses plus ou moins douloureuses selon le degré de pessimisme de son interlocuteur.



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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Mer 28 Mai - 18:29





Si l'Homme de Glace pouvait prétendre avoir tout prévu, c'était bien parce qu'il avait réellement pensé à toutes alternatives... Et surtout qu'il avait fait l'effort d'appréhender que même ainsi il arriverait au moins un imprévu par situation possible. Ne pouvant imaginer la nature de celui-ci, il s'était reposé sur ses points forts: Analyse, Vitesse et bien entendue la technologie de pointe de son univers.

Il n'avait pas passé des décennies à élaborer un système complexe de formation permettant d'avoir non seulement des scientifiques de génie mais également des esclaves malléables et corvéables à merci, pour se retrouver impuissant face à un être dérangé et pitoyable.

Mais, il n'eut pas besoin de se servir de quelques gadgets que ce fut. Lorsque Silver lui agrippa les jambes, le chiffre cinq se forma dans son esprit. La Démence se faisait accueillante... Et par la même lui offrait une occasion inestimable, profitant de sa volonté de le mener à une table, il posa subrepticement sa main sur une étendue de peau nue de "l'enfant".

Il ne sentirait rien jusqu'au moment où il souhaiterait retourner un meuble vers son "hôte". Cela confortait l'avantage de l'Architecte sur son "homologue". Mais il ne comptait dévoiler sa carte tout de suite. Si le môme pouvait encore ignorer son pouvoir, il n'allait pas se priver de garder la chose secrète.

Il suivit le petit être calmement. Sans se départir de sa noblesse. Il était conscient de trancher radicalement avec ce monde dépravé, mais cela ne le gênait pas plus que ça. Si il y avait bien une chose qui devrait s'adapter ici, c'était ce monde, pas lui. Il prit place, en prenant soin de faire disparaître les plis sur son pantalon et de replacer son gant qui n'avait pourtant pas bouger d'un pouce.

Et l'autre de continuer sa mascarade. Ennuyeux et inutile... Deux mots pour qualifier ce qu'était devenu une situation auparavant si explosive. Ses yeux gris dans l'atmosphère de la maison ne quittait pas le petit monstre en face de lui, il savait où était le carnet et celui-ci ne l'attaquerait pas. L'autre avec son sourire carnassier par contre...

"Alors dis moi... Je sais que l'un de tes guides – peu importe lequel – a fréquenté l'hôpital de Lewis. Il m'en a parlé, quelques fois. A tu des nouvelles de lui.. ? De Lewis. Disons que je l'ai laissé dans un état discutable la dernière fois que nous nous sommes vu, ahah."

Il haussa un sourcil, entre l'agacement, la consternation et l'étonnement. Etait-ce possible que ce fut là la question en échange laquelle il lui restituerait son bien? Ou bien n'était ce qu'un simple jeu, un faible copie d'une discussion cordiale? Aucune importance. La question n'en avait pas de toute façon. Le sous-entendu sur Haraël par contre... Mentalement, il fit défiler son registre de nom jusqu'à tomber sur le Lewis en question.

"Le médecin? Rien de réellement irrécupérable. Il a fallu le temps que son corps d'humain se remette des opérations, rien de plus. Ces êtres sont plus faciles à réparer qu'ils ne le pensent eux-mêmes."

Il ne daigna pas toucher au thé. Ce simulacre ridicule avec ce pitoyable automate lui avait coupé toute envie de faire montre du moindre intérêt pour ce rafraichissement et puis, dans l'univers de la folie, il ne comptait pas se laisser prendre à toucher à plus d'objets que ce n'était nécessaire. Après un temps de silence, il se décida à poursuivre la discussion. Après tout, faute de mieux, autant parler pour couvrir les bruits étranges et désagréable du dehors...

"Le mettre dans cet état n'était peut-être pas la chose la plus sensée. C'était cela, ta fameuse question?"

Bien sûr, il tairait volontairement la mort de son assistant, un peu trop concasser pour pouvoir recoller les morceaux, ou la séquelle que le médecin conserverait tout le reste de son existence. Il avait deux raisons pour ne pas lui dire toute la vérité. Il ne comptait pas jouer franc jeu en lui donnant toute la saveur de son triomphe dérisoire. Et deuxièmement, il refusait d'admettre que son matériel et ses techniciens avaient échoué dans la réparation complète du corps du dénommé Lewis.

Il tira sur la couture de son autre gant pour se donner une contenance. Toujours imperturbable, ses yeux fixait la petite créature ridicule en face de lui. Qu'il aurait aimé fracassé cette tête sur une la table et démolir par la même ce service à thé du plus mauvais goût...
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Mar 10 Juin - 1:03














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" Killing Me "




Amusant qu'il était en fin de compte, cet homme, à se croire si bien placé qu'il se permettait de lui faire la morale Mieux valait entendre cela que d'être sourd, certes, mais s'il croyait s'adresser à un ignorant... Il pouvait faire machine arrière tout de suite et même sortir à reculons. Car vois tu Wilhem, ta petite connexion de neurones logiques sous tes coulées de cendre ne sont rien ici. Rien de plus que le grincement continuel de la grande roue, rien de plus que les craquements des automates qui s’emmêlent et se déchirent à ma présence. La cervelle fétide et bouillonnante qui bat comme un cœur derrière tes yeux délavée ne t'aidera pas éternellement. A quoi bon cette noblesse d'âme si tu ne sais pas en faire profit ? A quoi bon prétendre à la neige immaculée si tes gants de soie sont éclaboussés de sang... ? Ne joue pas au plus con avec moi, Wilhem. Extérieurement, Silver demeurait impassible, il n'avait pas cessé de sourire, trop ravie d'obtenir enfin des nouvelles de Lewis pour que l'adulte en lui ne se permette d'éclater sans plus de cérémonie en ravageant tout sur son passage. Il ne s'en savait que trop capable et c'était bien là sa plus grande force comme sa plus grande crainte. On a pas idée de jouer à la girouette dans une guerre froide lorsqu'on est incapable de contrôler ses nerfs échaudés pour un rien.

Ennuyeux et inutile. L'homme des neiges préférait t-il donc l'effusion de sang... ? Du suicide bête et misérable, que de se jeter sur ces crocs là, comme l'avait mandé un épuisé dans les sous sols de l'Underground avant que Silver ne lui ouvre la gorge. Il était presque parvenu à oublier cet épisode mais il n'avait de cesse de se rappeler  à lui. L'Underground... Randall. Autre homme, autre lieu, autre froid. Randall avait en lui le blizzard des années de solitude, passé à se terrer dans une cage dorée, craignant tellement pour sa liberté qu'il s'en faisait prisonnier bénévole de sa propre âme. Pauvre Randall. S'il n'avait pas eu l'Automne sur le bout de la langue, encore et toujours, il aurait pu se permettre de chercher un semblant de chaleur à ses côtés. Se permettre de se dissimuler sous ce manteau là, dans cette cage dorée, loin des responsabilités et des nuits d'insomnie dans cette enfer de sucre et de métal rouillé. Un véritable vie, peut-être, mais loin d'être à l'ordre du jour. Pas lorsque ce bonhomme de neige jouait à l'Aristocrate dans son salon, le toisant comme s'il avait couvé un chien du regard alors qu'il lui était semblable sur le point du titre, sur le point du rang. Dire qu'il avait laissé son innocence reprendre le dessus quelques secondes, le temps de saisir cette main arachnéenne dans la sienne pour le conduire boire un thé qu'il ne daignait pas toucher.

Tu es détestable, pitoyable, abominable bâtard à l’ego surdimensionné dans son petit complexe d'infériorité futile. Ton frère en vaut milles comme toi.

« De toute évidence, tu ne le connais pas vraiment, mh.. ? »

Les mots étaient sortis si légers qu'ils auraient pu fondre dans le thé tels des flocons de lait ou de mousse sucrée. Comme si cela n'était pas grave. Comme si Lewis ne l'avait pas retenu prisonnier dans la cave de son hôpital pendant près d'un an, ignorant ses cris, l'admirant se traîner comme un horrible ver constellé d'onyx filandreuse. La haine malsaine qu'il éprouvait envers le médecin, cependant, était quelque peu altérée par les souvenirs précédant son enfermement. L'homme avait tout de même tenté de l'aider, l'avait pris en charge dans ce monde inconnu, l'avait vêtu, nourri, logé et blanchi. Il lui avait exposé milles livres et connaissances, l'avait peut-être aimer à sa manière. A la manière d'un père qui veille sur sa fille. Tu es tellement naïf, mon pauvre Silver. Mais il ne pouvait cependant nier l'aide et l'affection considérable que lui avait apporté cet homme tout ce temps, juste avant de basculer. Wilhem était peut-être un génie, il n'en demeurait pas moins inhumain, et ce à bien des égards, symboliquement comme littéralement. Lewis n'était qu'un homme mais l'un des plus grand génies de son son époque, probablement. Il avait été nécessaire à l'avancée de La Démence jusque sur son trône, bien malgré lui.

« M'en prendre à lui a été probablement la meilleure décision de ma vie jusque là, quoique que tu en dise. Ton avis sur le sujet m'importe peu de toute façon. »

L'être de suie leva brièvement les yeux dans ceux de son vis-à-vis, ciel d'hiver face à l'aurore sirupeuse, avant de les baisser de nouveau dans sa réflexion. Qu'il s'amuse donc à le détailler de la sorte si cela pouvait lui faire plaisir. Que cherchait-il au juste, une bonne raison de lui déclarer une guerre ouverte ? Il ne la trouverait pas sur son visage de porcelaine. Pas plus qu'il n'arriverait à lui faire perdre son sang froid. Pas ce soir. Il en allait de la survie de Dementia. Il en allait de sa dignité.

« Ce n'est pas tant la réparation de son corps qui m'inquiète. Ce n'était pas réellement ce qu'il y avait de plus brisé chez lui en vérité. Je le sais puisqu'après tout, il était à moi lui aussi. En quelque sorte. »

Sourire appuyé. Ses « réparateurs » avaient peut-être leur grain de sel à voir là-dedans, Silver n'en acceptait pas pour autant que l'Architecte de glace considère l'état du médecin comme l'un de ses exploits. Lewis lui avait appartenu et lui appartenait d'ailleurs toujours sans doute un peu. Plus qu'à son bienfaiteur, plus qu'à quiconque et y compris le Guide de ce Froid là. Jalousie. Implacable jaloux éclatant au nez de tous... On ne l’appelait pas Démence pour rien. Elle a mon visage... Mais elle a l'air si malheureuse... Elle était à toi, n'est-ce pas... ? La femme au visage semblable au sien, trônant en photo à divers endroits du bureau, domicile du pauvre homme de science. Silver avait toujours bien saisi que l'unique raison qui poussait Lewis à le garder était sa frappante ressemblance avec cette femme. Dans le fond, il parvenait à y ressentir un pincement au cœur. On ne m'aimera donc jamais pour ce que je suis...

Soupire de résignation. Et en parlant d'amour... Voilà donc le véritable sujet qui le taraudait. Ce qu'il avait besoin de savoir pour retrouver ce qu'il cherchait éperdument, pour détrôner l'ennemi.

« Ça, c'était la mise en bouche. Inutile de faire siffler les oreilles de Lewis. C'est d’informations plus importantes dont j'ai besoin, tu t'en doute. »

Rictus mauvais qu'il ne pris pas la peine de dissimuler cette fois. Peut-être avait-il envie décidé d'entrer dans le jeu, lui aussi.

« Ephialtes. J'ai besoin de connaître ce que tu sais sur lui Wilhem. J'en ai vraiment besoin. Sur lui et sur son Guide. Je suis certain que tu as largement de quoi me satisfaire sur le sujet. »



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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Dim 29 Juin - 17:51





Et ainsi, il en arrivait au noeud du problème. Un léger sourire flotta sur les lèvres de l'Architecte. Ainsi, le petit mioche commençait à jouer dans la cours des grands. Intéressant... Il devrait peut-être le considérer différemment, finalement. Mais avant de poursuivre sur cette question, il ne put retenir une frasque si peu ordinaire de sa part. Une provocation qui avait un goût d'autant plus savoureux qu'il était inédit. Il n'avait pas attendu la fin de son laïus interminable pour répondre sagement.

"La santé mental de cet humain ne me concerne pas, mais je suppose qu'Harael y veille d'une manière ou d'une autre. Après tout vous avez cela en commun, votre intérêt pour cet être pitoyable. Et pour ta question, je ne sais pas exactement... Je pourrais aussi tout simplement détruire le carnet et repartir chez moi... "

Il considéra finalement d'un meilleur oeil le contenu de cette tasse rose vif. Il la monta à ses lèvres, huma un instant le contenu, décida que c'était buvable et y trempa les lèvre... Aucun intérêt. Sinon celui de faire languir le petit Silver à la patience si limitée. D'ailleurs, il se demanda combien de temps il pourrait tenir ce sérieux. Vu le contact prolongé qu'ils avaient eu tous les deux, il disposait certainement d'une marge suffisante avant que l'autre ne retrouve toute sa dangerosité.

Il reposa sa tasse, remit son gant en place et humecta ses lèvres. Il était quand même temps de donner satisfaction à cet enfant gâteux. Dans sa tête, un plan commençait à germer, une idée délicate et délicieuse qui ferait de cette désagréable situation, une délectable opportunité. Il regarda son vis-à-vis dans les yeux avant de reprendre la parole.

"Tu veux donc des informations sur Tenebris donc. Laisse moi le temps de me souvenir... Ephialtes et October... Ils sont très proches. Étrangement proches. On dit que c'est conjointement qu'ils ont pris le contrôle de Tenebris et qu'ils ont remis les choses en ordre, enfin si on veut, là bas. Apparemment, October s'est incliné face à Ephialtes, il s'est soumis à son autorité en tant que Guide et semble le servir corps et âme. D'après mes sources, il serait prêt à beaucoup pour son architecte. Et celui-ci aurait également un fort penchant envers son subordonné... C'est tout ce que je peux te dire sans aller voir dans mes dossiers, mais je doute qu'il y ai plus. Le reste est plus... technique..."

Si Whilem pouvait éprouver du contentement ou du plaisir, celui-ci devait être à son comble, un autre piège se refermait sur Silver. Avec de la chance et surtout une tactique habille, il pourrait arriver à la destruction de Dementia sans même devoir y participer. Il pourrait la regarder depuis son trône dans un silence parfait en sirotant de l'eau distillée et pas cette mixture répugnante.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Si froid, si vide. [PV. Wilhem] [SUSPENDU]   Mar 8 Juil - 23:41














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" If we throw ourselves against the wall "




Silver avait cessé de jouer dès lors qu'il avait vu son existence ravagée par les flammes. Silver avait cessé de jouer oui, avait dansé à la valse des pires espèces pour se trouver cette place, la défendre jalousement. Il s'était offert plus que de raison, avait subit échecs et milles faux pas, mais à présent, il en avait fini, il en avait fini des jeux innocents, du bac à sable de ceux qui subissent. Enfant, certainement quelque peu, d'une violence inouïe, cruauté innocente de ceux qui arrachent les ailes d'un papillon pour s'en lécher les doigts, qui foutent le feu aux fourmilières pour contempler la panique sans comprendre. Mais cet enfant... Ce Monstre. Il n'était pas seul, à rejeter la maturité qui accablait son esprit à défaut de son frêle cadavre gambadant. Silver était là, oui. Silver l'adulte, Silver qui grandit, qui tente d'échapper à l'emprise de cet Innocence malsaine en lui. La Démence infantile mais Architecte, créatrice d'un univers ou la folie s’unit à la poésie macabre du bout des doigts de cette sirène, de ce mécanicien de la lune à la face blême.

Il ne pu alors qu'émettre ce satané rictus, étirant ainsi ses tendres carmines sanglantes. Il ne se croyait pas bien malin, pas plus qu'il n'avait la moindre confiance en cet homme du froid. Il savait, bien entendu. Lorsque l'on est si minuscule. Lorsque l'on est si méprisé... On devient alors vil insecte à écouter aux portes, à tourner les racontars sur sa langue de soie. Les oreilles en lames de la noiraude n'avaient rien perdus des conversations sous capes de ces derniers mois. En plus d'être une formidable compagnie, Berith n'avait la langue que trop bien pendue en ce qui concernait leurs pairs. Alors Silver savait. Silver ne savait que trop bien l'entente silencieuse et cordiale qui existait entre Wilhem et la peste blonde brandi sur son chemin comme un nuage d'orage sur le ciel de son été éternel. Le ciel de son automne éternel. Qu'il aille jaser l’horripilant glaçon, qu'il aille clouer sa langue sur la table de Tenebris, puisqu'après tout il en était bien capable, la teigne n'avait rien à cacher. Qu'Ephialtes sache après-tout. Qu'il sente l'ombre de la folie incarnée veiller d'un instinct de mort sur son sommeil. Les hostilités pouvaient bien s'ouvrir après-tout, cette guerre froide n'était que bien trop longue. Il posséderait son trône. Il posséderait son Guide. Il en avait le droit, la légitimité et cent fois plus que lui. Il en avait trop souffert jusque là, s'était bien trop élevé pour ne pas y parvenir. Son rictus déjà tordu s'était fait grimace à mesure qu'il se rengorgeait dans ses pensées assassines, laissant le bonhomme de neige jaser avant qu'il ne l’interrompe, ses paumes claquant brusquement sur le table à en faire frémir le service à thé tandis que ses cheveux noirs soulignaient d'avantage son visage blafards et d'autant plus inquiétant que sa voix ne monta dans les aigus dissonant à son caprice.

« Je sais, je sais, je sais ! Je sais déjà tout ça ! Ne me fais pas plus idiot que je ne le suis, il suffit de connaître quelque peu l'histoire de Tenebris pour se rendre compte de cela ! C'est les termes techniques qui m'intéresse, je n'ai pas besoin de vos histoires de chambres !»

Difficile de deviner la source qu'avait emprunté l'arbre de la déraison pour y plonger ses racines dans les mots pourtant bien las de l'homme des glaces. Peut-être l'évocation de cette relation fusionnelle entre Ephialtes et son bien aimé Guide. Silver ne demeurait jamais calme ou patient bien longtemps lorsque le jeune Architecte à la tignasse dorée entrait en ligne de compte. Il n'avait nullement l'intention d'attaquer Wilhem de front. Fou mais pas assez, fou mais conscient de sa démence, ce qui le rendait bien plus dangereux encore. Ses doigts griffus ont déjà saisi le dossier qu'il s'empressa alors d'agiter doucement au dessus d'une flamme imaginaire.

« En fin de compte, tu n'as peut-être rien d'intéressant à m'apprendre hein ? Je me demande bien d'où vous vient cette réputation de puissants, si vous connaissez si peu de choses, mnh. Je ne suis pas certain que tes informations aient autant de valeur que ce dossier. »

Le chantage était l'arme des faibles, mais n'étaient-ils pas les pires des rats à eux six... ? Des rats sous la subordination d'un lapin. Quel sublime tableau, digne de figurer sur un mur de son Pink Palace. Wilhem était un rat. Un énorme rat au pelage laineux, certes, mais un rat tout de même. Ils étaient tous les six dans le même bateau, ils étaient tous égaux mais refusaient de l'admettre. Fort bien. Silver devrait donc les détruire pour leur faire reconnaître cette vérité. Les faire s'agenouiller pour qu'ils l'admette enfin. Parfait. La Démence avait toujours été douée pour détruire des choses.

« Ton regard s'éclaire Wilhem... Tu dois trouver ça amusant, n'est-ce pas... ? Mais ça m'est bien égal, ce que vous pensez tous de moi après-tout... »

Silver s'était levé de son trône improvisé, son ongle glissant sur la nappe colorée en esquivant habilement les quelques ustensiles et récipients qui s'y trouvaient. Il enjamba sans grand mal le pantin désarticulé qui s'était échoué à ses pieds quelques minutes plus tôt pour se glisser jusqu'à l'autre homme. L'autre homme... En était-il seulement un... ? Presque homme, presque femme, son bras de côté écrasant légèrement le renflement de son sein lorsqu'il s'appuya d'une main sur la table, proche, si proche de l'Architecte qu'il aurait pu l'éborgner d'un coup de dents. Était-il seulement comparable à une simple vie humaine malgré ses origines bâtardes... ? Ni femme, ni homme, ni même humain, simplement Silver, officiellement Architecte et surtout, Démence. Un sourire d'une innocence à fendre le cœur tant elle fut malsaine et promesse de milles morts toutes plus ou moins douloureuses, puis il se pencha sur le visage de l'Imperturbable, sans même s'en départir, lui adressant ces simples mots sinistres comme on aurait simplement donné l'heure.

«Parce que lorsque l'on en aura enfin fini, je serais encore debout, et je vous regarderais tous brûler. »

Imperturbable Wilhem, glacier figé, certes. Mais Silver fait peur plus encore à cette instant. La folie est dangereuse car elle est inconsciente d'elle-même au final



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