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« Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]

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MessageSujet: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Ven 9 Aoû - 5:32



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Constance : Chapitre deux
Pour élargir ton répertoire › morceau sublime ‹ Tu m'as demandé de faire court, assume haha !

La lune était pâle cette nuit là, laissant ainsi les ténèbres tout envelopper de leur envahissante présence. Un silence de mort régnait, les ombres riaient sans bruit, les divers prédateurs se baladants sur les lieux s'étaient tu afin de ne pas révéler leur présence à une proie éventuelle, seul le vent osait se faire entendre. Air pur et chantonnant, que les ténèbres ne pouvaient atteindre. Il suffisait de tendre l'oreille, d'écouter, le vent  soufflait parfois d'étonnantes histoires à qui voulait bien les entendre. Révélant parfois de bien sombres secrets connu de lui seul ou presque, il était le seul dont la voix se faisait pure et sans mensonges à HellishDale. Mais ses paroles dérangeantes étaient ignorées la plupart du temps, après tout, qui voulait connaitre la vraie nature du monde dans lequel il vivait ?

Constance connaissait le chant du vent par coeur, il n'avait rien à lui apprendre pour le moment. Elle porta la main à son oreille comme pour en chasser le bourdonnement qui s'y faisait entendre. ‹‹ Tais-toi. ››, c'est tout ce qu'elle avait envie de lui dire, à ce souffle envahissant et bavard, qui ressassait encore et toujours les mêmes histoires. La jeune femme n'était pas d'humeur à se laisser aller à ce genre de distractions. Elle avait passé la nuit seule, sans personne pour saisir sa petite main avec l'intention de découvrir un monde inconnu. La guide s'était longtemps baladée avec l'espoir de pouvoir attirer un  humain en quête d'aventure dans sa petite rue aux sombres couleurs. Jour funeste, rien ni personne ne s'était montré, elle en serait presque chagrinée. Son travail lui tenait à coeur, ne pas décevoir son architecte était une de ses priorités. Priorités... elle en avait tellement peu. Essayer de ravir Berith était peut-être la seule chose qu'elle faisait de ses journées, rien d'autre n'était important, rien d'autre ne valait la peine de faire des efforts.

Mais elle ne voulait pas rentrer au palais, pas tout de suite en tout cas. Il se faisait tard. L'heure ? elle l'ignorait, mais les environs totalement déserts et la sombre nuit faisaient office d'horloge. La jeune femme était fatiguée mais elle avait envie de profiter de la fraicheur d'HellishDale un peu plus longtemps, balayant le souvenir de l'insupportable chaleur d'Inferna dans un coin de son esprit. Ils étaient rares, ces moments où elle pouvait laisser son regard se perdre dans le néant alors que la lune l'éclairait de sa faible lumière. Enveloppée dans un châle de laine porté par dessus sa robe d'été, elle paraissait vraiment étrange, débout et immobile à l'entrée du parc. Ses longs cheveux bruns lui encadrants le visage, ses yeux perdus au loin, son dos bien droit et cette éternelle posture peu naturelle lui donnaient un air de statue. En effet bien étrange, elle se fondait pratiquement dans le décors, dégageant si peu de lumière et terne qui plus est, on avait du mal à savoir si c'était bien un être vivant qui se tenait là, comme perdu en chemin. Elle bougea lentement la tête pour tourner son regard vers le parc, mouvement presque effrayant vu son expression et le reste de son corps qui n'avait pas bougé d'un pouce. Le parc... pourquoi pas ?

Elle avance d'un pas trainant, les ombres font taire leur rire silencieux à son passage, se recroquevillent sur elles-mêmes. À quoi bon ricaner ? les moqueries ne l'atteignent pas de toute façon, les ténèbres préfèrent ne rien avoir avec elle. Constance ne leur jète pas un regard, elles ne méritent même pas qu'on pose les yeux sur elles. La jeune femme les connait, ne les apprécie pas vraiment mais le respect régnant entre elles lui permet de ne pas y penser plus que ça. Etres détestables qui se font tout de même tout petit devant elle, quelle drôlerie. La guide à le champs libre, le parc se fait un peu moins sombre alors que ses pas illuminent le petit chemin. Les ombres se font fuyards, mais reviennent directement après son passage, reprenant le dessus une fois de plus tel un lierre envahissant. Mais la jeune femme les ignore, leur présence dans son dos ne la perturbe pas le moins du monde.

À quelques mètres d'elle, un banc attire son attention. Pratiquement caché sous l'ombre gigantesque d'un arbre, Constance l'avait à peine aperçu alors qu'elle balayait les lieux de son regard de glace. Elle s'approche, lentement, les ténèbres ne s'en vont pas, hésitantes. La jeune femme s'assoit sur le banc, tend l'oreille. Les ombres se sont plongées dans un mutisme complet, espérant se faire oublier mais elle ne veut pas de leur compagnie. La guide prend une grande inspiration et fronce les sourcils, elles s'en vont comme si de rien était, comme si elle n'avait jamais été. Cela arracherait presque un sourire à Constance qui est toujours amusée par le drôle de spectacle que lui offre ces êtres rampants et sans consistance. Elle tourne la tête sur le côté le temps d'apercevoir quelqu'un assit à son côté avant de retourner son regard vers la lune. Les traits de son visage se détendent... Elle ne bouge plus, respire à peine,  regarde droit devant elle alors qu'elle réalise lentement... Il y a quelqu'un à côté d'elle.


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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Sam 10 Aoû - 10:21














 ❝ Danser avec les Ombres ❞
"Avancer contre le vent..."






Tandis que Constance tentait d'effrayer les ombres, Silver s'amusait avec la sienne, la semant, courant sur ses trace pour mieux danser avec elle. L'incarnation obscure s'allongeait au-delà de ce que la jeune sirène n’atteindrait jamais, se mouvant avec fluidité entre les jambes de la créature. Dansante à son rythme, ne s'ébranlant qu'à la rencontre avec l'une de ses paires. Ondulant son corps longiligne, venant se fracasser au branches des arbres morts. Pour un peu, elle allait filer, fuir son corps d'origine, imitant celle de Peter Pan. Mais la Démence n'avait rien à voir avec Neverland, en dehors de son désespérant refus de grandir. Esquissant un pas léger, l'hermaphrodite se suréleva sur le rebord d'un par-terre de fleur, ouvrant ses bras maigres comme les ailes d'un albatros crevé pour retrouver un équilibre précaire. HellishDale de nuit était un gouffre terrifiant d’ordinaire, s'ouvrant une fois le soleil couché en espérant empalé quelques innocents sur ses dents. Bien à cause d'eux, les Architectes, les Rois capricieux et leurs désires démesurés. C'est du moins ainsi que l'on les présentaient aux érudits. La réalité était proche de ce portrait, mais également faussée. Il devrait songer, un de ces jours, à trouver le moyen d'entrer dans quelques mondes autre que le sien. Utiliser ses Guides était dangereux... Ces derniers ne connaissant que de brèves descriptions des autres Mondes, ils risquaient bien de les perdre dans les néants, ces passages entre chaque dimension d'où on ne revenait pas. Il avait bien manqué d'y sombrer lors de ses premières tentatives d'utilisation de portails... Il ne souhaitait à aucun Guide de se tromper de trajectoire et de s'enliser là-dedans...

Une légère chaire de poule se répandait sur ses bras nus, ne faisait pourtant pas ciller le petit corps peu vêtu. L'air de la ville aurait aussi bien pu être polaire qu'il n'y aurait rien trouvé à redire. En temps normal, ses pensées auraient été tournées envers sa petite Alcide, obligée de travailler pour lui au moins une fois par semaine. Jamais plus. Sa petite chérie était fragile et il ne pouvait certainement pas se permettre de l'exposer d'avantage dans ces ruelles crasseuses. Il se faisait déjà suffisamment de mouron comme ça... L'Architecte miniature pensait plus rarement au deux autres bien capables de se gérer seuls. S'en voulait-il de laisser Laury trop défoncé pour s'apercevoir de ce qu'on pouvait bien lui faire dans sa rue... ? Non, il était assez adulte pour assumer ses actes. Exta, pour sa part, ramenait principalement des femmes, quand il décidait de travailler sérieusement... La Démence leva le nez vers le ciel aux étoiles effacées par la lumière de la cité. Et son Automne, était-il encore à errer dans sa ruelle à cette heure ? N'avait-il pas trop froid... ? La Bestiole se pinça l’arête du nez en serrant les dents. Arrêtes d'y penser sombre imbécile, tu te fais du mal pour rien. Et ni une ni deux, perturbé par ses disputes intérieures, la petite créature s'étala sur le sol, tombant du rebord pour rencontrer douloureusement la chaussé. Merde... Il avait eu le réflexe de se cramponner à la bouteille de vodka à demi vide qu'il agitait quelques secondes auparavant. Zyeutant l'étiquette d'un air boudeur, il préféra ignorant les images dansantes devant ses yeux. Il tenait très bien l'alcool, enfin... Relativement bien. Il n'allait certainement pas se priver d'un des rares mets humains qu'il pouvait ingurgiter sans vomir.

Perché dans son petit monde rose, la Démence éclata d'un rire sordide, perdu aux frontières d'une enfance ternie. Il riait de sa propre stupidité, ses lèvres entrouverte laissant poindre ses canines limées et luisantes. Bien malin à voir là pour un Architecte sensé être au-dessus de toute cette merde. Pitoyable créature, petite blatte sans envergure hissée aux rangs des puissants... Se redressant de toute sa petite taille, le jeune hermaphrodite frotta ses vêtements avant de reprendre son chemin sans calmer la cadence. Il marmonnait dans sa barbe inexistante, ricanant à l'occasion sans aucune raison évidente autre que celles présentent dans son univers intérieur. Dementia l'accompagnait toujours un peu partout, comme un bagage collé à sa paume. Quelque chose d'un peu envahissant et notamment dans ses relations sociales, pour le peu qu'il sache entretenir. Seul un petite poignée de personnes pouvaient prétendre avoir marqué l'adolescent, et il n'y avait pas vraiment de quoi s'en venter. A quoi bon puisqu'il finissait irrémédiablement par oublier ces gens, les laissant se recouvrir d'un voile sombre aux allures de brume. Il en était malade, d'oublier ces visages, d'être sans cesse rattrapé par sa mémoire défaillante. L'oubli était douloureux, plus que l'on l’imaginait lorsqu'il nous arrivait d'oublier un détails, une chose à faire ou à emporter. Des fioritures du quotidien sans importance qui agaçaient plus qu'elles ne faisaient mal. Triste fin...

Alors il allait finir ainsi, condamné à évoluer dans un néant complet sans aucune possibilité de projection en arrière ? Il s'agissait de l'une de rares choses encore capable de l'effrayer. Pas cette nuit. Cette nuit il voyait tout en rose, ou dans un ton décliné de violet qui lui illuminait les paupières d'un milliards de constellations. La vodka lui ferait office de chaleur humaine et la lune de berceau quand il finirait par s'écrouler dans un coin en proie à la morsure du froid. Pas plus classe qu'un vieil ivrogne et pourtant de la jeunesse à vif dans ses améthystes. De la jeunesse qui ne cesserait jamais de couler et qui abreuverait ce corps pâle et terrifiant encore et encore, jusqu'à ce que quelqu'un juge bon de lui porter le coup final. Enfin je pourrais dormir en paix... Songea t-il de sa démarche lente et presque titubante. Son regard perdu se posa sur le portail de fer forgé du parc. Ouvert même la nuit à la grande joie des délinquants juvéniles venus boire quelques bière et attendant nerveusement un être quelconque à railler ou à insulter. Humains pourris, humains fascinants de laideur. Comme il les aimait ! Mais pas de trace d'eux ce soir, l'espace vert était calme... Excepté... Petit bout de jeune femme déambulant à la lumière d'un lampadaire de fer forgé.

Silver n'aurait pas fait grand cas de cette fille maigrichonne et aurait passé son chemin, si son excellant odorat ne lui avait pas confirmé qu'il s'agissait – peut-être – de la jolie Constance. Il n'était pas très en forme ce soir, mais difficile de se tromper... Elle en semblait pas l'avoir vu, perdue comme toujours dans un monde qui semblait n'appartenir qu'à elle. Soit. A chacun son jardin secret, plus ou moins bien entretenu. A l'opposé de la position de le jeune fille, la sirène avança, le sourire froid aux lèvres. Constance ne réagissait pas beaucoup, et s'amuser à chercher à provoquer un trouble chez elle était un passe-temps fort intéressant. Il ne l'avait pas poussée à but, pas encore, se contentant de la maltraiter un peu, de la secouer, avant d'abandonner et de rester simplement blottit contre elle, la joue contre sa poitrine. Aussi jolie qu'une mère, aussi stupide qu'un objet. La Démence s'était involontairement entiché de cette belle poupée grandeur nature qui ne se brisait jamais même à force d'être jetée. Quoi de plus beau qu'un jouet qui ne s'use pas... ?

Le jeune Architecte était venu tout naturellement se poser près de Constance, une jambe ramené contre le haut de son corps. Il attendait qu'il réagisse, n'ayant pas grand espoir sur le sujet, les yeux écarquillés derrière sa broussaille noire. Mais la belle jeune fille ne sembla pas s'alarmer d'une présence à ses côté, fermant les yeux dans une expression de profonde quiétude. Ben voyons... Comme si elle pouvait s’offrir le luxe de l'ignorer de la sorte en croisant son chemin... Décidant de remédier à cette attitude déplaisante, Silver rapprocha son corps, posant ses jambes en travers de celle de la femme sans pour autant s'asseoir sur ses genoux, venant enlacer ses épaules d'une étreinte étouffante et pouvant peut-être s'avérer mortelle si elle se débattait de trop. Mais elle savait faire preuve de logique, elle n'irait pas s'agiter dans tous les sens avec une telle créature au cou. Silver n'avait aucune enfin de devoir lui casser la nuque alors autant qu'elle reste tranquille... Ses ongles vinrent érafler la peau de sa gorge dans une caresse désagréable tandis que le sourire s'agrandissait sur les écarlates de la chose.

« Et bien alors Constance, on ne me dit même pas bonjour... ? C'est pas très gentil de ta part ça. Tu commençais à te faire oublier. »

Au sens propre de la chose. Il finissait toujours par oublier les absents. Enfouissant son museau fouineur dans ses cheveux, il renifla l'odeur de sable et d'herbe , ne lâcha pas d'une pouce sa proie de la soirée. Sa Maman improvisée.



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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Mar 13 Aoû - 4:38




Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, ses paupières prirent la liberté de voiler son regard quelques instants  et ses poings se refermèrent presque trop lentement pour que le mouvement soit vu. Le soupire était terriblement tentant, voulant se faire entendre et démontrer son agacement de manière plus que compréhensive. Mais elle le retint de justesse, se mordant la lèvre inférieure, rouvrit des yeux désormais éveillés et détendant les poings. La fatigue était-elle qu'elle avait faillit se laisser aller, mais il ne le fallait pas... non il ne fallait pas lui donner ce plaisir là. Si elle le laissait goûter à la joie de la faire réagir ne serait-ce qu'une fois, la laisserait-il en paix par la suite ? Simplement subir, il n'y avait que ça à faire pour ne pas se trouver littéralement attaché à l'enfant trop grand pour être appelé ainsi. Trop vieux mais à l'esprit jeune qui refusait d'évoluer, petit avec une cervelle, certes. Totalement malade qu'elle était, elle ne lui servait pas à grand chose. Mais Constance éprouvait un sentiment plutôt neutre pour la créature, elle était loin d'être la pire à laquelle elle avait eue à faire et semblait l'apprécier. Cette pensée lui aurait presque arraché un sourire si elle n'avait pas trouvé cela triste.

Triste amour qu'il semblait éprouver pour elle, cherchant en sa petite personne une maman ou quelque chose qui s'en rapprochait. Pauvre chose torturée qui n'avait connu de refuge maternel ? certes. Constance ne comprenait pas cette envie d'avoir une mère, mais sûr était ce fait : Silver ne voulait pas du lot, simplement quelques petites choses d'elle. L'autorité parentale était rejetée, la protection offerte balayée du revers de la main. Il ne souhaitait qu'une chose, une présence féminine avec laquelle il pourrait jouer, auprès de laquelle il pourrait se réfugier, un objet qu'il pourrait rejeter quand il commençait à le lasser. La définition d'une mère, ça ? Constance en aurait bien rit, celui qui semblait être un garçon ne voulait que d'un animal de compagnie un tant soi peu intelligent. Triste vérité à accepter, la guide n'avait aucun mal à s'y faire, ce n'était pas déplaisant qu'il la jette de temps en temps. Elle n'était pas mère, non elle ne l'était pas, elle ne serait jamais la sienne en tout cas. Elle le connaissait à peine, n'arrivait pas encore à éprouver de la compassion pour ce petit être meurtri. Mais la jeune femme le laissait tout de même jouer avec elle sans s'en aller. Pourquoi ? elle n'en avait pas la moindre idée.

Elle retourna lentement la tête pour l'observer de son regard glacial et laissa une sorte de grimace s'étirer sur son visage en guise de sourire. Sourire courtois, elle ne le faisait pas à contre coeur non plus mais il n'y avait rien de plus que de la politesse de-dans. Enfin, l'espèce d'expression qu'elle affichait démontrait tellement peu son "envie" de sourire que Silver n'y verrait peut-être rien de plus qu'une mine affreuse. Elle voyait à peine son visage dans la pénombre ambiante, ne l'avait d'ailleurs pas reconnu tout de suite. Mais son étreinte étouffante de serpent affamé était plus que reconnaissable. La guide essaya de chercher ses yeux dans les ténèbres sans succès, elle ne pouvait que fixer la visage dont elle distinguait les contours et quelques traits. Sa vue n'était pas très bonne, c'était sûr et certain et d'ailleurs particulièrement dérangeant. Elle réfléchit quelques secondes pour choisir ses mots avec soin, ce pour quoi elle n'était pas très douée mais Constance essayait de faire des efforts pour paraitre agréable.

--— Silver... ? je ne t'avais pas reconnu dans la pénombre, excuse-moi. J'étais plutôt occupée ces derniers temps et puis... je ne sais jamais où te trouver de toute façon.

Le trouver ? comme si elle le cherchait. Elle avait détourné le regard en prononçant cela, elle ne disait que la vérité mais ce n'était qu'une vérité dérangeante et mal tournée. Elle n'avait rien à lui dire, rien d'autre que cela. Tristes phrases sans le moindre intérêt et terriblement ennuyeuses. Silver s'en contenterait-il ? elle n'en savait rien, ne le connaissait pas, le trouvait totalement impulsif, ne pouvait prévoir ses réactions. Le gamin ne répondit pas tout de suite, comme pour essayer d'avaler ses quelques phrases. De travers ? Constance redoutait presque la suite des évènements. Elle ne souhaitait pas rester là plus longtemps, la nuit était sombre. Les ombres dévoreraient tout ce qui se passe ici sans laisser la moindre miette. À quoi bon se donner en spectacle ? la jeune femme ne souhaitait de ça pas aujourd'hui, non, elle n'en avait pas envie. Mais son avis comptait-il seulement ? elle en doutait fortement.

--— Tu sais, j'ai à faire demain. Ne voudrais-tu pas me lâcher, je suis fatiguée aujourd'hui.

D'un geste presque affectueux, elle caressa les cheveux de la créature d'un doux effleurement. Ses yeux étaient mis-clos, laissants percevoir son calme olympien avant son indifférence. Elle ne le couvait pas du regard, elle ne l'appréciait pas encore assez pour cela. L'enfant n'était pas encore arrivé à l'atteindre, trop inconsistant peut-être. Il sortait de nulle part, la maltraitait un peu et s'en allait dans un nuage de fumée. La chose était malheureusement trop bizarre pour n'être que le fruit de sa terne imagination. Mais qu'était-elle alors ? drôle de môme, enfant des ombres et du brouillard, se montrant rarement et pas longtemps. La jeune femme ne savait pas quoi penser du gamin dont elle ne savait absolument rien. Elle ne comprenait même pas l'espèce de lien qui s'était établi entre eux et qui n'avait aucune raison d'être. Trop dérangeant, tâche dans la vie bien rangée de Constance. Elle n'en avait d'ailleurs parlé à personne. Qui comprendrait ? elle se laissait faire par un enfant sans âge ni sexe, sans parents, sans domicile, sans rien, ne donnant même pas un indice sur la réalité de son existence.

Fatiguée... elle était fatiguée de se poser toutes ces questions. Elle voulait rentrer finalement, retrouver la normalité de sa vie quotidienne. Le visage de Silver ne faisait pas bondir son coeur dans sa poitrine, lui donnait envie de soupirer d'épuisement. Que lui apportait-il à part fatigue et chagrin ? elle n'aurait su répondre mais le fait était qu'elle ne l'avait pas encore repoussé. Le temps était peut-être venu de lui montrer qu'elle était vivante. Elle posa sa main sur la sienne, qui était contre sa nuque, et la fit lentement glisser pour lui faire signe qu'il était temps de la lâcher. La jeune femme ne brusquait pas les choses, agissait avec une douceur presque exaspérante. Elle voulait qu'il se laisse faire, rien qu'une fois. Qu'il la laisse partir. Elle ne le connaissait pas, il ne lui donnait pas envie de mieux le connaitre. Pas maintenant. Il semblait tout faire pour être désagréable, étouffant. Mais elle bougeait avec lenteur et calme, ne laissant rien paraitre. La jeune femme craignait une réaction, une protestation ou pire, de la colère.
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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Jeu 15 Aoû - 0:26














 ❝ Mauvaise Mère ❞
"L'Amour, c'est un truc que je connais pas, et que tu n'es pas prête de m'apprendre."






Perdu dans sa triste petite naïveté adolescente, Silver ne compris pas immédiatement que sa présence auprès de la jeune fille n'était pas désirée le moins du monde. Ne voulait-il plutôt pas comprendre... ? Car c'était douloureux, quelque part, de se savoir rejeté. Tout le monde savait que la sirène avait du mal à encaisser la douleur psychologique. Physiquement parlant... C'était une autre affaire qui n'avait pas lieu d'être ici. Qui était le plus stupide dans l'histoire ? Lui ou les autres ? Quelle importance...  Persuadés que l'attachement avec cet être perdu entre deux âges ne serait que néfaste. Ne comprenaient-ils donc pas qu'il ne désirait qu'un peu d'amour... ? Être sauvé de cet enfer bouillant battant la mesure dans ses entrailles ? Personne en voulait l'écouter... Peut-être ne s'y prenait-il pas de la bonne manière cependant, mais c'était bien la seule que son esprit connaisse, ou n'ai pas oublié. Alors il agaçait, piquait, griffait gentiment dans l'espoir qu'on s'intéresse à lui. Dans l'espoir qu'un jour, une Âme sœur prenne la place vide dans sa vie. Balivernes ! Il avait déjà trouvé la sienne. Ce n'était pas Constance mais cela dit, il éprouvait une certaine forme d'affection étrange pour cette jolie jeune-femme emmurée dans son silence. Enfance forcée oblige, il voyait surtout en elle un magnifique poupée aux allures de mère aimante qui pouvait, pour une fois, lui accorder une caresse toujours plus agréable que le froid quotidien dans lequel il était plongé. Accroché au cou de la jeune fille comme un boa, resserrant imperceptiblement sa prise en l'écoutant aveuglement. Encore un peu, et il l'étoufferait avec amour. Jugeant qu'il s'agissait là d'une belle mort – du moins une de celle qu'il aurait apprécié – il posa sa joue fraîche contre l'épaule de la jeune fille. Nul doute qu'elle faisait une piètre mère, cette Constance. Mais faute de mieux, il devait se contenter de cette femme qui dégageait quelque chose de particulièrement étrange aux yeux du petit monstre.

Occupée hein... ? Quel genre d'employeur pouvait bien accepter un être si neutre ? Pas qu'il doute de son intelligence mais tout de même... Elle avait quelque chose d'effrayant et d'inhumain à voir là, dénuée de toute expression. Une bizarrerie de plus dans cette ville qui contentait parfaitement la frêle sirène. Il refusait d'admettre qu'elle cherchait des excuses pour esquiver son inopportune présence. Aussi peu acceptée que celle de l'Errant dans ses quartiers quelques jours plus tôt. Ça aurait pu très mal se terminer d'ailleurs. Mais cette humaine n'était pas idiote au point de provoquer ouvertement le Démence. Silver soupçonnait même Constance d'être moins stupide que la plupart des femmes qui avaient pu croiser son chemin, y compris le cadavre qui l'avait pourtant abrité neuf mois dans son ventre chaud. La naissance. Quelle horrible séparation. Depuis, l'adolescent n'avait pas cessé de chercher une quelconque chaleur par tous les moyens. La Guide effacée n'était qu'une recherche de plus, qu'un nouvel échec dans cette quête d'affection. Enfin, un semblant de réaction ! La créature se permit de clore ses paupières frémissantes à la caresse sur le haut de sa chevelure. Qu'on trouve dans le monde une seule chose à ses yeux plus agréable qu'une ébauche d'amour, quand bien même fut-elle simulée pour lui faire plaisir. Il finirait bien par atteindre cette indifférente d'une façon... Ou d'une autre. Briser les carapaces demandait du temps et de la patience, ce qu'il n'avait pas toujours en vertu selon les situations.

La main du cygne dériva sur la sienne, plus menue et osseuse, cherchant à se dégager d'une étreinte imposée. Fatiguée disait t-elle... ? La créature fronça ses sourcils effilés, la truffe toujours enfouie dans la chevelure de sable. Oui, voilà. Constante respirait le sable et l'air chaud à plain nez. Sa douceur eu le mérite d'ébranler à peine le petite monde de Silver qui s'empressa de retirer ses mains comme s'il s'était brûlé à un degré avancé. Quelque chose dans son regard avait changé, comme un éclat plus terne. Le sourire abjecte et crispé qui l'accompagna ne fit que confirmer l'impression. Très bien... Alors elle aussi hein ? En vérité, l'Architecte ne savait pas réellement s'il pouvait mesurer la sincérité de cette humaine. Son instinct lui permettait seulement de sentir ce décalage. Cette lassitude dans les gestes de la Guide. Quand à savoir si sa présence avait provoquer tout cela... ? Il en aurait bien le cœur net à un moment ou à un autre. Pas plus tard que maintenant en vérité. Sa moue contrariée ne trompait pas lorsqu'il attrapa les fils de soies de la jeune femme, entreprenant de tresser les mèches entre elles pour s'occuper les mains. Il l'enviait un peu sur ce point, songeant à sa propre cascade d'encre qu'il avait perdu six ans avant. Il regrettait quelque peu, principalement de ne pas avoir tenu sa promesse. « Tes cheveux... Ne les coupe jamais. » avait-il dit comme pour s'en assurer, glissant entre ses doigts les traînées de suie. Vraiment bon à rien, même pas à tenir un serment... La prise sur le sable fin des cheveux de Contance se fit plus brutale, la pauvre chevelure malmenée par les mains tremblantes de Silver. Tout troublé qu'il était, l'enfant murmura quelques mots uniquement compréhensibles de sa personne, avant de relâcher les mèches tiraillées entre ses doigts.

« Arrête de faire semblant Constance, tu me fatigue rien qu'à te regarder. »

Encore un peu, et on aurait presque pu croire qu'il allait s’effondrer en sanglot. Mais son visage était neutre, figé tout comme le reste de sa personne. Les lèvres mordues, le regard fuyant. Il n'y avait rien à tirer de cet être vide. Non... Il n'était pas vide. Il était trop plein de sentiments contraires se livrant une bataille sans merci dans sa lamentable carcasse. En cela, ils étaient tous deux profondément semblables, et à la fois diamétralement opposés. Un jour, ils finiraient bien par exploser tous les deux à leur manière. Un soupire passa ses écarlates, détournant son regard brisé de la jeune-fille. Quelque chose n'allait définitivement pas ce soir, ils semblaient tous les deux plus... Fragiles ? Irritables ? C'était inhabituel en tout cas. Bon sang ! Il appréciait cette femme, quel était le problème ! Ne pouvait-elle pas partager cette empathie inexpliquée et inexplicable ?! Bien évidement, Silver ne comprenait pas que sa manière de démontrer son attachement n'était pas la bonne. Personne ne s'était jamais chargé de lui apprendre qu'aimer quelqu'un, ce n'est pas le maintenir par l'asphyxie, ce n'est pas nourrir des pulsions de mort envers lui. Un jour, peut-être que quelqu'un serait capable de comprendre, d'accepter ces penchants trop morbides pour un si petit être. Cette personne n'était visiblement pas Constance. La créature se fut abattue et vint se trouver une place sur les genoux de l'humaine, n'osant même pas poser un regard sur elle.

« Je sais que tu ne m'aime pas. Ne cherche pas d'excuses... Je veux juste quelques caresses de temps en temps, et un peu de chaleur. Toi tu sent bon le sable Constance, je voudrais aller là d'où tu viens, j'aurais peut-être pas si froid... »



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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Jeu 15 Aoû - 3:42


‹‹ L'enfant ingrat détourna les yeux, semblant croire qu'elle n'était pas digne d'y plonger les siens. ››

Il jouait avec ses cheveux d'un air pensif sans lever les yeux vers son visage fantomatique. Constance savait pertinemment qu'il ne la laisserait pas partir sans en subir les conséquences. Cette nuit là, il était terriblement calme, semblant plus fragile et enfantin, cela ne rendrait les choses qu'un peu plus difficiles. Elle aurait pu essuyer sa colère du revers de la main, la subir sans s'en soucier mais le pire serait la tristesse. Si la petite chose n'exprimait qu'un semblant de chagrin ; la culpabilité la rongerait sûrement de sa terrible présence pour quelque temps. La guide ne voulait pas faire de mal, ne voulait pas non plus simuler. Rester sans rien dire était donc sa seule option ? elle n'avait pas le temps d'y réfléchir. Le temps... elle en possédait tellement qu'elle avait l'impression qu'il lui échappait, coulait entre ses doigts, c'en était presque ridicule. En donner un peu à cet enfant ne lui ferait peut-être pas de mal, lui permettrait de renouer un lien avec la réalité. Triste réalité qui allait de nouveau l'étreindre de son souffle glacé qui la répugnait... vivre en faisant la morte était tellement plus simple, seule l'immuable éternité pouvait alors l'étouffer de sa funeste chaleur.

Couper ses cheveux ? elle n'y avait jamais pensé. D'ailleurs, la jeune femme avait l'impression de ne jamais l'avoir fait bien que ça n'ait aucun sens. Aussi loin qu'elle s'en souvenait sa chevelure avait toujours été la même, petite énigme à remettre à plus tard. Franchement, cela n'avait aucune importance mais elle ne ferait pas la bêtise de faire une promesse qui pouvait si facilement être brisée. Elle ne répondit pas, se contentant de se laisser faire par Silver qui semblait être perdu dans ses pensées. Son incompréhensible murmure ne la fit pas réagir, elle n'était pas d'un naturel curieux, ne souhaitait pas savoir ce qu'il se disait à lui-même. Et puis... ça ne la regardait pas de toute façon. Seules ses paroles qui suivirent avait réussis à lui faire baisser les yeux vers lui pour le dévisager froidement. Faire semblant ? elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire par là. Elle s'interrogea alors sur la signification de cette phrase plus qu'énigmatique pour elle. Constance était ce qu'elle était, elle ne jouait jamais la comédie. Elle ne lui avait pas menti, n'avait pas fait un geste pour lui démontrer une affection simulée. Peut-être avait-il pris la caresse pour un mensonge ? peu lui importait. Chacun avait sa manière de voir les choses, elle ne pensait tout simplement pas montrer quoi que ce soit de faux. Certes, la jeune femme ne lui disait pas ne pas souhaiter sa présence à ses côtés, politesse obligée. Et puis, le gamin ne la répugnait pas non plus. Elle était simplement... fatiguée. Sa franchise lui avait même paru surprenante sur le coup, non, elle ne mentait pas.  

Le regard fuyant du petit l'intrigua, son air attristé mal retenu lui adoucit les traits qui étaient si durs. Elle lui saisit son petit menton du bout des doigts pour tourner son visage vers le sien et le relever légèrement, voilà qui était mieux. Constance le lâcha lentement pour qu'il reste dans cette position et peigna les cheveux de l'enfant de son autre main afin de lui dégager le front. Quel étrange visage il avait... tout simplement inqualifiable. Ce n'était qu'un mélange de tous ce qu'elle avait pu connaitre, ses yeux ; des gouffres sans fond dans lesquelles elle ne pouvait que plonger son regard. Silver était un être intriguant, trop peu commun peut-être, trop peu humain aussi. Qu'était-il ? elle ne le savait toujours pas, ne se le demandait pas vraiment non plus. Aussi blasée soit-elle, elle ne pensait pas avoir rencontré quelqu'un d'aussi étrange que lui. Il était intéressant mais encore trop peu pour Constance qui n'avait pas pour habitude d'essayer de connaitre les autres. Mais il avait l'air d'un enfant... cela faisait-il de lui un être facilement approchable ? elle savait que ce genre de pensées étaient à éviter. Certains gamins étaient plus adultes que des vieillards en fin de vie. Elle essayait de le regarder dans les yeux alors qu'il recommençait à parler.

Ces paroles lui arrachèrent un petit sourire à peine perceptible. La guide se détendit alors, essaya d'avoir l'air un peu plus gentil que d'habitude ce qui n'était malheureusement pas son fort. Silver avait bel et bien une âme d'enfant, une âme qui avait toujours des envies d'encore, emplie du désir de recevoir de l'affection. Alors qu'il prit place sur ses genoux elle retira lentement son châle, laissant ses bras d'un blanc immaculé à nu. La jeune femme le passa autour des épaules de la petite créature et prit soin de le refermer au niveau de la poitrine de Silver avec l'épingle à nourrice qui était déjà plantée dans la laine. Sans prévenir, faisant preuve d'une tendresse insoupçonnée, elle serra le petit corps glacé contre le sien, frottant lentement le dos de l'enfant d'une de ses mains. Il y avait trop de tristesse en cet être si chétif, Constance ne pouvait rester indifférente à ce chagrin. Mais elle ne lui offrirait pas bien plus, rares étaient les moments où elle laissait seulement les choses aller aussi loin.

--— Non je ne t'aime pas Silver, mais je suis loin de te détester tu sais. Je ne me cherche pas d'excuses, j'en ai tout simplement. Je mentirai si je disais vouloir savoir où tu te trouves, c'est vrai, mais ne doute pas de ma franchise qui est une des seules choses que j'exprime en dehors de mon silence. L'endroit d'où je viens... ? et bien en réalité il y fait bien plus froid qu'ici mais je l'ai quitté pour me trouver une autre terre où vivre. Je t'y emmènerai peut-être un jour, qui sait ? mais je ne suis pas sûre que ça te plaise. Et n'ai pas peur du froid... j'en fais mon affaire.

Elle avait dit cela en s'écartant un peu de lui pour le regarder et lui adresser un bref sourire empli de gentillesse. Ça devait faire tout drôle de la voir arborer une telle expression qui ne lui allait peut-être pas très bien finalement, qui lui donnait un air faible et fatigué. Mais Constance ne souhaitait pas blesser l'enfant qui semblait déjà être totalement torturé, l'envie de ne le réchauffer ne serait-ce qu'un peu l'avait prise, et au dépourvu qui plus est. Mais ce n'était pas grave, se laisser aller lui faisait du bien parfois et puis elle ne se sentait pas en danger avec la petite créature. Elle regardait toujours le visage inexpressif de l'enfant sans vraiment attendre une réaction de sa part. La nuit était belle, elle tendit l'oreille ; seul le vent se faisait entendre.
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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Mer 21 Aoû - 21:51














 ❝ Je ne t'aime pas. ❞
"Ne joue pas à ce petit jeu avec moi."






Silver avait manqué de s'étouffer, de refermer ses petites mains autour de la gorge de Constance pour la laisser s'éteindre lentement, là, sur ce banc en plein milieu d'un parc. Une mort honteuse pour des paroles blessantes. Quand on la retrouverais là, la bave aux lèvres, on songerait à une agression, à un petit ami violent. A une tentative de v... Non. Elle ne méritait pas cela. La jolie mère, la seule apte à remplir ce rôle. Mais si elle ne l'aimait pas alors... Alors que faire ? Un... Effort... ? Quel horrible mot à ses oreilles. Il n'avait pas pour habitude de lever le petit doigt pour obtenir quelque chose. Enfant capricieux auquel tout était cédé. Le vieux fou l'avait mal éduqué sur ce point, c'était indéniable. Un peu de chaleur, cependant. Un bras tendre passé autour de ses épaules. Le tissu était inutile pour la froideur de son corps, mais la peau de la jeune femme, en revanche... Elle était douce, elle était apaisante. Coupé dans ses pulsions de mort, la jeune sirène s'installa, tentant de fondre son petit corps contre celui de la Guide. Pourquoi maintenant ? Pourquoi si soudainement... ? Constance était-elle finalement dotée de sentiments ? De pitié... Il ne voulait pas de pitié, non. Il voulait de l'affection. Un amour maternel digne de lui convenir. Un amour bien différent de la passion morbide qu'il éprouvait pour son Oublié.

Elle souriait. Elle était belle dans sa laideur, chétive et aussi perdu que lui. Elle était digne. Digne d'être aimante sous son impassibilité à peine feinte. Mais son discours... ? Silver fronça les sourcils sous sa petite tête brune, mordant sa lèvre inférieur d'incompréhension. Ces paroles ressemblait à s'y méprendre à celle d'une femme qui connaît. Avait-elle perdu son Essence... ? Cela aurait expliqué le vide qu'il voyait dans ses prunelles à chaque fois qu'il posait sur son visage un regard furtif. Constance avait l'air morte. Bien évidemment, la Démence n'en savais trop rien. Il allait devoir la tester. L'un de ses jeux préféré... Ce goût pour le traîtrise et le mensonge lui venait également du Roi Fou, vieille Architecte ayant rendu son dernier soupire en emportant avec lui sa foutue innocence. Tout en douceur et débordant d'une mesquinerie qui le caractérisait, l'adolescent se redressa légèrement sans repousser pour autant la jeune Guide et les mains fraîches qu'elle avait posé sur son dos. Il déposa ses lèvres sur son front dans un baiser affectueux et enfantin. On ne les aurait jamais cru si glaciales à en juger par leur couleur de coquelicot. Ses ensuite ses bras qui se refermèrent comme des griffes autour des épaules de la pauvre femme, perçant son silence d'une voix de vapeur.

« J'aurais voulu t’emmener chez moi Constance. J'aurais pu te garder près de moi. J'ai une fille tu sais... ? Elle ne m'aime pas beaucoup, mais elle s'entendrait bien avec toi. Alors si tu le désire, je peux t’emmener avec moi, il te suffit juste de prendre ma main. »

Ses yeux s'étaient illuminés d'une lueur malsaine, cachés dans le cou de Constance. Le jeu était lancé. Comment allait-elle réagir ? Si ses croyances étaient infondées, il le devinerait rapidement, à l'incompréhension de sa maman improvisée. Il ne mentait pas cependant, au contraire. Il aurait vraiment adoré l'emporté avec elle, humaine ou Guide, la garder à l’abri chez lui, avec Alcide. Silver avait ce problème récurant. Le besoin d'enfermer une personne aimée pour l'empêcher de le quitter. Car ses adorés devaient être à lui, à lui, A LUI. Ses poupées chéries, ses petits trésors. Constance ne faisait pas exception à la règle, au contraire. Il avait recommencer à nouer ses doigts entre ses cheveux, s’imprégnant de son odeur de sable pour mieux la retrouver à l'avenir. Il se mêlait dans ses cheveux une senteur qu'il connaissait, qu'il avait régulièrement l’habitude de retrouver sans parvenir à mettre un nom dessus. De quoi s’agacer.

Il finirait bien par y poser un nom, un mot. Quelque chose. N'importe quoi. Qu'elle réponde, qu'elle se dévoile un peu, même involontairement. Il faisait au moins l'effort de vouloir la connaître, de vouloir lever le voile sur ses secrets. Elle en cachait énormément, cette Constance. Elle était plus qu'une douce mère, qu'un fantôme qui apparaissait aléatoirement dans des endroit d'HellishDale selon son bon vouloir.


« Alors dis moi Constance... Tu veux venir? Tu veux que je t’emmène avec moi...? »




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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Mer 4 Sep - 3:11



L'instinct de survie. Tellement primaire mais nécessaire... Constance n'en était aucunement dotée, savoir si cela lui était défavorable ou pas était difficile. Mais elle sut à l'instant que ces mots avaient eu un impact terrible sur la petite chose et qu'elle aurait certainement dû éprouver... de la peur. La petite et lunatique créature était probablement une source d'ennui, une cause de mort aussi. Mais la jeune femme ne craignait personne en particulier, le petit n'arriverait jamais à la terrifier, elle en était sûre. Il ne pouvait pas lui faire du mal, personne ne le pouvait. Elle avait elle-même essayé en vain, à croire qu'elle n'avait vraiment pas besoin d'instinct de survie. Mais la guide avait une intelligence moyenne, elle n'aurait pu ignorer les infâmes sentiments que dégageaient la chose installée sur ses genoux. Mais non, elle ne cligna même pas des yeux, se contentant de le dévisager froidement sans même s'en rendre compte. Il semblait réfléchir, bouillonnant à l'intérieur, il était dangereux, elle en avait conscience. À la surprise de Constance, Silver se calma lentement, redevenant enfant, inoffensif et empli d'une affection apparemment infinie. Son corps blotti contre celui de la jeune guide, il lui offrit quelque chose qu'elle n'avait que rarement osé toucher du bout des doigts. Un sentiment fort et envahissant, qui lui réchauffait le coeur de manière inexplicable.

Constance n'était pas dépourvue de sentiments. On aurait bien pu dire qu'elle en éprouvait tellement à la fois qu'elle ne pouvait les montrer, qu'elle saturait, qu'ils se mélangeaient drôlement pour former une pâte infâme, indescriptible. La jeune femme avait une petite flamme au fond des yeux, petite flamme brillante, brulante. Vous n'auriez certainement pas pu l'apercevoir, il fallait du temps pour comprendre ; que Constance était une femme comme les autres. Qu'elle éprouvait des sentiments. Le laisser paraitre était juste difficile, dangereux. Peut-être que c'était à ce niveau-là qu'opérait son instinct de survie ? allez savoir. La guide ne se posait pas ce genre de question futile, cela n'avait aucun intérêt à ses yeux, l'envie de ne serait-ce que savoir ce genre de petites choses lui était inconnue. La curiosité était une étrangère qu'elle se contentait de toiser de loin, toujours. Elle ne souriait plus, semblant déconnectée de la réalité, plongée dans ses pensées. La jeune femme ne faisait plus vraiment attention à la créature dont elle ne sentait plus le poids sur ses cuisses. Silver la réveilla pourtant, alors qu'il l'enlaçait de manière désagréable après lui avoir embrassé le front.

À ses dires, elle aurait bien voulu le dévisager mais il avait caché sa petite et étrange frimousse dans son cou. Petite créature rampante et pitoyable... ils avaient bel et bien des points communs tous les deux, au grand étonnement de Constance. Il ne lui avait pas répondu, se contentant d'aborder un autre sujet, quel mal il se faisait ! Le blah blah fatiguait la guide, pire était les moments où celui-ci se révélait important. Silver avait su capter son attention, pas encore la curiosité mais elle s'était redresser en écoutant ses paroles qui sonnaient de manière dérangeante à son oreille. Qu'était-il ? guide ou égaré ? la créature ne pouvait être un égaré, inhumain... alors un guide ? elle n'y croyait pas. L'incompréhension la gagna, la confusion l'envahit de manière désagréable. La jeune femme aurait bien voulu repousser lentement le petit être pour pouvoir l'observer. Une fille... Constance n'y comprenait rien, de quoi parlait-il ? elle avait retenu une chose, il voulait la garder, elle, au près de lui. Un frisson lui parcouru le corps alors que la phrase résonnait étrangement dans sa tête. La guide n'appartenait à personne excepté son maitre, Berith, l'architecte... elle tilta à cet instant sans pour autant le laisser paraitre. ... Architecte ? cette petite chose ? Constance ne les connaissait pas tous, mais imaginer la créature dirigeant d'un monde était particulièrement perturbant. Elle essaya tout de même de reprendre ses esprits, de ne pas laisser sa confusion se faire entendre dans le son de sa voix.

-- — Je... je ne sais pas Silver... je ne comprends pas exactement ce que tu me demandes donc il m'est difficile de te répondre. Où veux-tu m'emmener exactement, qui es-tu... ?

Cette dernière question lui avait échappée mais elle n'était pas forcément mécontente de l'avoir posée. Elle voulait savoir, pas forcément par curiosité mais par nécessité. Ne pas parler avec les inconnus était véritablement un conseil qui valait de l'or, si elle ne l'avait ne serait-ce qu'écouté à moitié ; elle ne se serait pas retrouvée dans une situation aussi embarassante. Silver était trop étrange, trop inhumain pour qu'elle puisse comprendre d'elle-même, elle devait savoir... elle le devait. La jeune femme ne réprima pas son envie cette fois-ci et le repoussa pour le regarder dans les yeux. Elle aurait bien voulu coller ses mains sur le visage de l'enfant pour ne plus êtres brulée par la lueur de son regard malsain. Le petit être dérangeant, Silver dans toute sa splendeur... Constance ne voulait rien à voir à faire avec lui. C'est certainement ce sentiment qui éveilla sa curiosité, finalement ; écouter la voix d'un instinct primaire était bel bien pour les autres. Elle l'écouta recommencer à parler en fronçant lentement les sourcils, comme pour ne pas laisser le temps à l'enfant de voir son changement d'expression. Drôles de propositions, pas vraiment tentantes en fait, mais spéciales... qui éveillaient la curiosité. Constance l'aurait bien maudite, cette infamie, à cet instant précis mais elle se contenta de l'accepter.

-- — Peut-être, oui... je veux bien te suivre mais sache-le Silver, je ne pourrais rester avec toi. J'ai déjà quelqu'un auprès de qui je dois accomplir ce devoir.

La guide avait décidé  de bien vouloir... pour une fois. C'était étonnant, bizarre, presque excitant. Mais non, Silver ne ferait pas naitre ce genre de sentiment fort et enjoué en la jeune femme. Qui le pouvait ? Constance était en quelque sorte, un cas désespéré. Mais elle avait cette fois-ci dis "oui", comme si de rien était, à l'inconnu. Mais les choses n'étaient pas si simple, elle attendait ; des réponses à ses questions.
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MessageSujet: Re: « Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]   Lun 9 Sep - 19:44














❝ Got You. ❞
"Droit dans le piège..."






Alors il avait vu juste. Probablement. Constance semblait si mal à l'aise, si... Déconcertée. Silver appréciait observer le désarroi et la perdition dans le regard de ses « proie ». Évidemment, elle n'était pas une proie comme une autre. Si cela avait été le cas, la Démence lui aurait déjà sauté à la gorge sans faire de sentiments. Hors de question de se priver d'un si beau spécimen. Il finirait bien par lui arracher une réaction. De joie ou de douleur, peu importe. Il ne connaissait de toute manière que ces deux sentiments, en plus de la tristesse, de la colère et de la jalousie. La joie indescriptible qu'une situation tourne à l'avantage de vos sens, la douleur innommable d'être possédé de force par un être abjecte... Oui, il connaissait tout cela plus que de raison et, en soit, n'était qu'un être incomplet marchant à rage. Sur les nerfs. Combien de temps pourrait-il tenir ? Pas très longtemps. Trop peu de temps, sans amour et bridé dans son égoïsme enfantin, il était voué à l'échec dans tout ce qu'il entreprenait. L'ironie de tout cela, c'est que quand bien même on l'aurait inconditionnellement aimé, il aurait mordu toute main autre que celle de son oublié. Mais ce n'était que mensonge, n'est-ce pas ? Oui, il n'était pas seul. Laury l'aimait. Il ne t'aime que parce qu'il est trop défoncé pour s'apercevoir du contraire. Hellish l'aimait. Tu n'es qu'un Architecte parmi tant d'autre. Qui a dit qu'une caresse sur la tête était signe d'amour ? C'est pour faire taire tes glapissements. En fin de compte, mieux valait pour lui que la vérité demeure voilé. Son psyché brisé n'aurait pas supporté le choque autrement qu'en détruisant à n'en plus pouvoir.

Sa prise sur Constance si fit évanescente, puis inexistante, se levant pour grimper debout sur le banc. Ainsi, il se donnait l'illusion d'être plus imposant que la jeune femme, et par conséquent plus puissant. Complexe d'infériorité ? Très léger... De toute évidence, Constance n'y croyais pas, se voilait tout autant la face que lui. Pourtant, et bien voilà, elle avait bel et bien le dernier Architecte sous les yeux, dans toute sa sinistre splendeur et sa pâleur morbide. Une question demeurait cependant. Qu'était-elle ? Sons discours semblait bien trop... Limpide, transparent, pour qu'elle ne soit rien de plus qu'une simple humaine. Une Égarée ? Elle en avait l'allure terne et fantomatique, la stature triste de ceux dont le passé n'est plus que larmes. Un détail dans ses paroles firent ciller la créature et la dévisagea avec encore plus d'entrain. Oh... Et bien. Ceci répondait tout simplement à sa question. Les Guides étaient incapables de le sentir arriver, comme cela était le cas avec les autres Rois. En contrepartie, la sirène ne ressentait pas non plus leur présence. Ce désagrément rendait la chasse au Guides fort contraignante. Il songeait parfois que ce phénomène était sans-doute dû à sa toute nouvelle entrée sur la scène des guéguerres inter-mondes, n'ayant pas encore eu l'occasion de demander une explication logique à Hellish. Tant pis.

S'accroupissant en face d'elle, il continua sa lente observation, comme pour accentuer son malaise, avant qu'une brusque lueur n'éclate dans son regard, petite étincelle de folie au milieu de cette océan de guimauve jeté là dans ses yeux. Bien sûr !! Constance sentait le sable. Les petits grains chauds laissés en pâture au soleil, mais aussi l'encens, les épices. Tout était clair. N'importe qui d'autre aurait pu s'en apercevoir plutôt mais, Silver, dans sa perte de mémoire perpétuelle, avait occulté ce qui n'avait que peu d'importance pour ne garder que l'essentiel. Les petits détails inutiles qui fuyaient son esprit rapidement.

Les petits détails comme l'odeur de Berith.

Elle ne possédait certes pas les mêmes nuances que le senteur de ce colosse, mais la Bestiole y retrouvait quelques subtilités. Que Hellish bénisse ses sens affûtés. Tout prenait une logique. L'unique ombre au tableau... Si cette petite perdue appartenait à Berith, il ne pourrait pas la garder indéfiniment. Malgré toute la sympathique qu'il inspirait au géant des sables, Silver doutait fortement qu'il accepte de lui céder l'une de ses Guides. Quoique. Il aurait bien pu lui offrir Extasy en retour. Il ne l'aimait pas, et la rancœur était réciproque, quoique moins exacerbée du côté du petit Architecte. Il aurait simplement voulu qu'il l'aime, comme toujours. Balayant cette idée folle d'un revers de main, il se contenta de e lever, quittant le banc avec sur les traits un air de contrariété. Ses bras s'étaient croisés sur sa poitrine d'enfant. Il semblait soucieux, ou bien boudeur, à en juger par la moue ayant pris place sur ses écarlates. Puis soudainement, un sourire. Un de ces rictus déments, ceux qu'ils avaient volé à October afin de les perfectionner. Tripotant les coutures de son short pour s'occuper les mains comme toutes bonnes personnes nerveuses, il déclara à sa mère de substitution d'un ton léger et presque joueur. Car tout ceci n'était au final qu'un grand et passionnant plateau de jeu...

« On dirait bien que dans ce cas je ne peux pas t’emmener avec moi Constance. C'est dommage. Mais je reviendrais quand même te voir. En fait, on risque même d'être amenés à se croiser plus souvent...»

Un dernier petit coup, pour rire, pour s'amuser. Avec un sourire qui dans sa fausseté semblait sincère, il posa une main sur l'épaule de la jeune Guide, murmurant presque en face d'elle pour accentuer son mal être et lui confirmer sa position.

« Tu diras bonjour à Berith de ma part... »

Retirant aussitôt sa main, il se volatilisa dans le noir tel un papillon de nuit, voletant entre les lampadaire, laissant là la pauvre fille déconcertée et la tête pleine de questions.


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« Il n'est si beau jour qui n'amène sa nuit. » [CLOS]

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