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Spleen et ideal [SUSPENDU]

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MessageSujet: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Lun 19 Aoû - 20:12

La mer semblait calme en cette fin d'après midi. Les rayons du soleil réchauffaient les docks et le cri de quelques mouettes répondaient en échos aux rires gras des forbans. Ces derniers étaient déjà alcoolisés alors qu'il n'était que six heures. Le soleil rampait sur les murs jaunis par la saleté, rayonnant pour compenser la misère qui se dégageait de ces bâtisses ayant surgis subitement depuis ces dix dernières années.

Un jeune homme se tenait face à cette Gomorrhe en déréliction. Ces longs cheveux d'argent flottaient tel un étendard, bravant le vent marin. Ces yeux de feux rougeoyèrent dangereusement devant le triste spectacle que lui offrait le port autrefois vierge de toute présence impure. Ces yeux ne devinrent plus que deux fentes et sa mâchoire se contracta. Il détestait le port de Neverland car il gâchait l’irréel beauté de l'île autrefois paradisiaque.

Il ferma un instant les yeux revoyant derrière ces paupières closes les premiers instants de sa renaissance.

Début Flash back
Il avait été hypnotisé par cette petite lumière vive, au point d'oublier qu'il ne savait pas voler. Il avait faillis tomber mais, sa minuscule sauveuse l'avait recouvert de poussière de fée et soudain c'était comme si voler était sa seconde nature. Il avait étendus les bras et avait sentis cette sensation grisante presque euphorique de pouvoir se mouvoir, pareil à un oiseau dans le ciel étoilé.

Lorsque l'on est enfant tout semble si facile. Pour voler il fallait seulement le vouloir. Et lui le voulait alors il avait pu. C'était aussi simple que cela lui avait murmuré la fée au creux de l'oreille.
Alors si l'on voulait trouver une île merveilleuse où l'ennui et la mort n'étaient pas de mise ce serait aussi facile que de voler au delà du firmament étoilé, ce serait aussi facile que d'atteindre la plus belle étoile... ce serait aussi facile que de suivre une petite fée au beau milieu de la nuit.

Il était partis, sans regret, sans remord, sans aucun chagrin. Il était né enfant et il voulait le rester. A l'époque, confusément, il avait pensé un naïf « je ne veux pas grandir ». Cette phrase enfantine s'était alors instantanément transformé en « je ne veux jamais grandir » lorsqu'il avait vu pour la première fois l'île enchanteresse.

Des collines verdoyantes à perte de vue, un lagon bleu ou semblait ondoyer d'énormes poissons, une jungle sauvage et mystérieuse. Des promesses d'aventures palpitantes, de jeux sans fin et surtout de liberté sans règles..d'aucune sorte.

Et cette main se tendant vers lui, ce sourire à la limite de l'insolence et cette phrase « ici nous sommes immortels ».

Fin Flash Back

Ces yeux se rouvrirent sur la triste réalité. Les docks étaient toujours là, étalant sa crasse et sa luxure comme une catin étalerait sa chaire devant un client. Proprement nauséabond pensa le jeune albinos. Son nez se fronça avec subtilité et il fit une moue de dégoût. Il détestait le port où il était obligé de vivre depuis que la jungle avait perdu de son éclat et avait gagné en dangerosité. Pas d'échappatoire possible lorsque les indiens parcouraient les sentiers sombres afin d'avoir quelques âmes innocentes à dévorer. Il était loin le temps des danses autour du feu doré.

Son regard se posa au loin, au large des côtes, là où la mer conservait encore son aspect enchanteur. C'était l'une des rares choses qui n'avait pas changé. Comme si cet assassin avait encore une toute petite part d'innocence au sein de sa dépravation.
Il serra le poing. Il ne lui pardonnerait jamais. Souple,  il se releva et marcha vers cette Sodome d'un pas conquérant. Il raserait les murs et danserait sur les corps calcinés des pirates. Un sourire joyeux et enfantin prit place sur ces lèvres.. vestiges de ces anciens combats.

Que c'était amusant de voir ces maudits brigands tomber dans les pièges qu'ils confectionnaient autrefois. Ils mettaient si longtemps à mourir ces méchants hommes mais finalement le bien triomphait toujours.

Il avait toujours triompher. Jusqu'à il y a dix ans. Son sourire disparut remplacé par une grimace et il s'enfonça dans les ruelles sombres. Elles ressemblaient..à celles de son enfance. Des ruelles longues, étroites, sentant forts l'urine et les déjections. Cette odeur le prenait à la gorge, l'envahissait et lui rappelait alors sa mortalité.

Il marcha plus vite, ignorant le fait qu'il bousculait les badauds, ignorant le foule grouillant autour de lui. Il commença à les bousculer plus franchement lorsqu'il cette odeur de pourriture et de dégénérescence lui donna envie de vomir. Bientôt lui apparut sa petite maison.. seul havre de paix dans cet endroit de perdition. Il tendit la main, le regard brillant de cet ancien espoir juvénile. Et la chute arriva, inévitable lorsque l'on courrait comme un dératé en bousculant tout le monde.

Il se sentit partir en arrière et se rattrapa à un des murs détrempés. Il heurta le mur assez violemment et grimaça sous le choc. Puis il entrouvrit les yeux avant de voir, par terre, un individu non définis. Un individus portant le poids de l’ambiguïté, il le/la regarda interloqué. C'était étrange de voir ce genre de personne au milieu de l'odeur vicié de Neverland.

Il reprit ses esprits et dit d'une voix sans pitié « pourquoi tu t'es pas pousser, t'es bête ou quoi ? ». C'était comme ça, il n'était pas forcément méchant consciemment mais il agissait toujours comme un enfant : capricieux, égoïste tout en sachant parfaitement comment arriver à ces fins.

Il était ce que l'on avait fait de pire en matière d'enfant et ce que l'on avait fait de plus monstrueux en matière d'adulte. Il ne connaissait aucune règle si ce n'est la sienne. Et là au milieu de la rue, il appliquait sa propre règle : Personne ne devait le toucher si il n'en avait pas envie.

Et là pire que tout, cet individus l'avait bousculé alors qu'il voulait s'échapper. Il l'avait privé du réconfort de sa petite maison. Soudain il se rendit compte que son interlocuteur tâtonnait le sol boueux. Il fronça les sourcils et se pencha souplement vers lui avant de fixer ces yeux blancs sans qu'aucune lueur n'émane.

Il eut un sourire d'enfant joueur, cruel et mutin. Il allait s'amuser. Il se releva et dit alors de sa plus belle voix d'ange

-Viens je vais te guider à l'extérieur de la ville pour pas que tu bouscules d'autres gens.

Ça allait être si intéressant de voir l'individu se débattre. De le voir doucement se perdre dans les méandres de la forêt.. De voir ces lèvres s'ouvrir et crier. Non ce n'était pas de la méchanceté. C'était juste un jeu.
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MessageSujet: Re: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Ven 23 Aoû - 6:48

Morgan avait toujours refusée de posséder une canne d'aveugle. Elle disait n'en avoir pas besoin, pouvoir se débrouiller avec sa seule ouïe, et qu'elle n'était pas devenue faible à ce point. Bon, c'est vrai qu'elle voulait surtout impressionner sa belle Architecte et Maitresse, Thétis, et lui prouver sa valeur.

Et c'est vrai qu'elle s'était plantée sur toute la ligne. Même si son équilibre restait plutôt bon, elle ne cessait de trébucher sur des trottoirs, de se manger des murs ou de se cogner à des meubles. La Guide avait beau faire la fière, elle sentait bien qu'elle ne s'en sortait pas vraiment. Mais elle attendit tout de même que Thétis lui ordonne de se trouver une canne avant de s'y mettre. Fierté mal placée, que voulez-vous.

Morgan commença donc à employer son temps libre à la recherche d'un tel outil. Elle fouilla bien sûr HellisDale et Infinity, mais ne trouva pas son bonheur. Alors qu'elle vendait du tabac à un habitué, ce dernier lui parla de Neverland. Une île qui aurait pu être paradisiaque, si elle n'avait pas été remplie de pirates sanguinaires et d'indiens cannibales. Charmant. Mais l'homme lui parla surtout d'un artisan du bois qui faisait, parait-il, de magnifiques cannes. Après avoir obtenu l'autorisation de sa Maitresse, la Guide utilisa son pouvoir pour visualiser la fameuse île, et son don de Guide pour s'y rendre.

Une fois sur place, elle fut cependant surprise par l'ambiance qui régnait. Elle pouvait sentir la méfiance partout autour d'elle, et les odeurs d'alcool et d'urine lui donnaient envie de vomir. Mais elle avait connue pire sur les champs de bataille d'Aerials, elle se retint donc et avança d'un air sûr.

Dix minutes plus tard, elle avait bousculé dix personnes et s'était vautrée sur trois trous dans les pavés. Quelle idée de mettre des pavés aussi pourris aussi ! Elle se releva pour la énième fois en grommelant, quand quelqu'un d'autre lui rentra dedans. Et en plus elle se faisait engueuler ! La Guide ne prit même pas la peine de répondre, fouillant le sol pour se trouver un appui pour se relever.


- Viens je vais te guider à l'extérieur de la ville pour pas que tu bouscules d'autres gens.

Tiens ? C'était la même voix qu'il l'avait insulter, mais cette fois, on aurait dit un enfant sage et poli. Étrange. Cet endroit était vraiment bizarre... Morgan réussit enfin à se relever et se frotta les genoux puis répondit. Ses yeux morts se baissèrent vers ce qu'elle croyait être la tête de l'enfant, mais en réalité, ils visaient le ventre du jeune homme qu'elle ne voyait pas.

- En réalité, je cherche un ébéniste du nom de Johnrun. Tu sais où je pourrais le trouver ?

Plus vite elle trouverait l'ébéniste, plus vite elle partirait de cet endroit qui décidément ne lui plaisait pas du tout.
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MessageSujet: Re: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Mer 4 Sep - 8:40

Le regard aveugle s'était dirigé vers son ventre... à sa plus grande joie. Être traité comme un enfant lui rendait cette innocence qu'il voulait à tout prix conserver. Il se mit à sourire avec fierté et orgueil. Finalement peut être que l'individu allait vivre. Il se pencha alors et prit sa main avec fermeté avant de relever l'inconnu.

Mettant une distance entre leur deux corps, l'homme-enfant lui adressa un sourire qui n'atteindrait jamais son interlocuteur. Ce sourire plein de malice, mutin, léger était si rare que si le/la guide avait pu le voir, cela aurait été de l'ordre du miracle. Mais l'individu ne pouvait le voir et c'était pour cela que le médecin se permettait de manifester un signe de joie. Un signe de son passé qui rejaillissait de temps en temps.

En cet instant le jeune William Hope redevenait l'enfant qu'il aurait dû être à jamais.. insouciant et cruel. Un être sans considération morale qui ne se tourmentait en aucune façon. Voilà ce que représentait cet être et ce qu'il ne serait jamais plus.

Car l'âge adulte apportait la conscience de la mort et de la responsabilité. Son sourire doucement s'effaça devant cette constatation implacable. Il fit une révérence un brin exagérée avant de dire

Je me ferais un plaisir de te guider dans le monde de l'impossible.


Il prenait grand soin de garder toujours cette voix d'enfant, déguisant sa voix, évitant les contacts avec l'individu aveugle. Il n'avait pas besoin de savoir qui il était vraiment sinon William devrait le faire disparaître pour que jamais l'illusion parfaite ne se brise. Il aimait se dire que la personne en face de lui entretiendrait l'image d'un enfant des rues. Un enfant à la peau lisse, au regard malicieux, à la lippe boudeuse.

Ce qu'il n'était pas en réalité. Son corps avait bien trop grandis, ses muscles s'étaient développés afin de survivre contre les potentiels attaques des sioux rusés, son visage s'était affiné et ses traits étaient devenus anguleux.

Il refusa de penser plus longtemps à ces quelques changements physiques et plaqua un nouveau sourire sur son visage. Il dirigea l'individus au travers des rues bondées se faufilant entre les petites rues. Ces dernières étaient toujours aussi sales, glauques et misérables. Elles reflétaient l'âme sombre de ce scélérat d'architecte.

Il marchait vite, sa démarche se faisant souple et féline. Il bondissait de ruelle en ruelle, se faufilant parmi les badauds, regardant à peine la personne qu'il traînait au bout de son bras. Bientôt il arriva près d'une petite échoppe.

A première vue, cette boutique paraissait terne et sinistre mais dés que l'on y prêtait attention, elle se paraît de milles couleurs plus chatoyantes les unes que les autres. Parmi les multiples trésors dont regorgeaient le magasin,  se trouvait des cannes. De toutes les couleurs, de toutes les formes, pour tout les goûts.

Joueur, le jeune médecin prit le pommeau argenté d'une canne et se prit au jeu. S'imaginant soldat, il donna quelques coups dans le vide pour mieux occire un ennemi transparent. Il remit la canne à l'endroit où il l'avait délogé et commença à parler à cet illustre inconnu.

-Nous voici dans l'antre d'Ali. C'est comme ça que la boutique s'appelle. Ici tu peux tout trouver, onguents, parfums, crèmes, aliments, chapeaux, vêtements, armes..et même des cannes.

Il en prit une autre et saisit d'un mouvement vif la main de l'inconnu avant de lui glisser une canne dans sa paume. Cette dernière était assez petite de couleur claire, elle était faite en bois de bouleau et avait un pommeau noueux. Il s'approcha alors et murmura à son oreille

-Essayes les tu ne seras pas déçus. Ici tu pourras tout trouver.

Facétieux il s'esquiva aussi léger qu'un moineau. Avec cet individu il retrouvait cet esprit joueur, malicieux. Il retrouvait une partie de son âme d'enfant.

Alors il n'allait pas tuer cette âme surprenante...du moins pas tout de suite.
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MessageSujet: Re: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Dim 8 Sep - 7:07

Morgan aurait pu trouver ce qu'elle croyait être un enfant très mignon et agréable... Si elle n'était pas naturellement méfiante. Ses sens sur-aiguisés lui indiquaient que quelque chose clochait dans l'attitude de cet étrange garçon, et elle se méfiait donc de lui, se refermant comme une huitre. Quand il prit sa main gantée pour l'emmener à travers les rues crasseuses de la ville, la Guide espéra que ce n'était pas un piège et que, si c'était le cas, elle arriverait à réagir à temps. D'ailleurs...la main dans la sienne... N'était-elle pas un peu grande pour appartenir à un enfant ? On aurait plutôt dit la main d'un homme de son âge. Bizarre...

Morgan fut désorientée par les chemins que l'enfant prenait, des petites ruelles qui tournaient sans cesse, et qui respirait la crasse et la misère. Ca lui donnait envie de vomir, elle se sentait mal ici, vivement qu'elle puisse partir !

Enfin, leur folle course s'arrêta, certainement devant une boutique, l'aveugle ne pouvait pas le voir. Elle ne remarquait aucune différence, toujours autant de crasse et de misère selon ses sens, elle attendit donc que le garçon lui explique où ils étaient. Quand il vint murmurer à son oreille, elle s'écarta vivement, elle détestait qu'on l'approche ainsi et qu'on frôle la barrière invisible qu'elle s'était crée pour se protéger.

Le garçon prit une canne et la lui donna. Morgan la caressa, la sous-pesa, formant derrière ses yeux morts l'image de l'objet grâce à son toucher. Effectivement, c'était une canne de bonne qualité, mais trop courte, ça ne lui convenait pas. Elle la reposa puis s'approcha du bac où les autres cannes étaient rangées. La Guide retira ses gants, dévoilant ses mains forgées par les combats de soldat, mais très fines de femme.

La Guide d'Infinity prit une canne, la caressa, testa sa hauteur... Elle en essaya plusieurs ainsi, et finit par enfin trouver son bonheur. Une canne sombre, à sa taille, donc le pommeau était finement sculpté et rappelait des formes que l'eau pouvait prendre. Une canne parfaite pour une aveugle venant d'Infinity. Satisfaite, Morgan se permit un léger sourire.


- Celle ci sera très bien... Peux-tu me guider jusqu'au comptoir ? Que je paye le fabriquant.
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MessageSujet: Re: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Dim 8 Sep - 11:16

A la vue des mains fines et légèrement calleuses de l’individu, il comprit soudain à qui il avait affaire. Nul homme ne pouvait avoir des mains aussi fines. C'était donc forcément une femme. Toutefois il sourit devant ce constat. Elle possédait en elle cette ambiguïté qui le charmait tant.

Maintenant que son identité était révélée il se sentait légèrement déçus. Il aurait aimé voir en cet individu un être asexué totalement dépourvus d'émotions adulte. Lorsqu'il regardait la jeune femme, il lui semblait que ces mains étaient sa seule souillure. Tout en cette fille rappelait la pureté de l'enfance.

Ces yeux de cristal mêlé à la douceur cotonneuse de ces cheveux. Ses lèvres pareil à la rosée du matin. Il semblait fasciné par cette innocence inaltérée, par cette aura à la fois puissante et tranquille. Elle puisait en elle le charme fragile de l'enfance et la tranquillité calme et raisonnée de l'âge adulte.

Toutefois William Hope ne voyait que le charme fragile de l'enfance et aurait voulus couper en deux cette ataraxie propre aux sages et aux dieux. L'enfant, selon l'habitant de Neverland, était un dieu immortel puisqu'il n'avait pas le soucis de penser au futur.

Si bien que ce serait tellement plus facile de mettre de côté le raisonnement pour céder à l'insouciante immortalité de l'âge tendre. Tout à ces pensées, le médecin n'avait pas pris garde à la demande de la jeune femme. Il fut ramener à la réalité par un regard insistant. Celui du vendeur fumant sa longue pipe. Il regardait le médecin avec impatience. L’appât du gain pensa avec mépris l'ancien enfant perdus. L'avidité était le propre de chaque adulte. Elle rongeait le cœur de chaque habitant de Neverland.

Il prit brusquement la canne des mains de la jeune demoiselle et se dirigea vers le comptoir avant de la jeter devant le vendeur. Il prit la parole et murmura de sa voix grave au vendeur.

-Nous voudrions ceci.

Il laissa les pièces négligemment tomber par terre. Regardant d'un air narquois le petit marchand se précipiter par terre pour ramasser chaque pièce, s'appliquant à fouiller entre les lattes du parquet usé. William se retourna sans jeter un seule regard sur ce manant. Il revint avec la canne et la laissa tomber dans les mains de la damoiselle avant de reprendre sa voix enfantine.

-Voilà j'ai payé, tu veux visiter la ville ? Je me sens un peu seul ici et j'aime bien quand des nouveaux aussi intéressants que toi viennent jusqu'ici.

Ses yeux écarlates brillaient de convoitise devant sa nouvelle camarade de jeux. Il avait hâte de lui présenter tout ce qui était encore beau dans la ville sinistre. Il avait passé moult années à explorer les ruelles misérables de Neverland. Lorsque l'on s'éloignait un peu du port. Entre la jungle sauvage et les habitations misérables, il y avait cet endroit particulier.

Le mélange subtil entre les herbes folles et le ciel aux nuances rosées donnait à cet espace un aspect onirique. Le jeune homme se plaisait à dire que ce lieu représentait une part de son âme. Une âme encore bonne qui se plaisait dans une vie insouciante. Une vie où se rouler dans l'herbe où se mêlaient les fleurs printanières faisait partis du quotidien. Un quotidien fait de rires, de chants, de siestes à l'ombre des arbres centenaires.

En tendant le main à cette jeune inconnus, il voulait lui montrer les lambeaux de Neverland. Ces petits riens qui faisait qu'autrefois les enfants aimaient se perdre dans cet univers chimérique. Il prit avec une douceur exceptionnel la paume rugueuse de cette dame et l'entraîna vers le pays du rêve. De son rêve et non de celui de ce misérable architecte.
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MessageSujet: Re: Spleen et ideal [SUSPENDU]   Mer 11 Sep - 13:16

Morgan dû attendre quelques minutes avant d’avoir une réponse du jeune garçon, tout du moins de celui qu’elle considérait comme tel. Elle trouva cela étrange, elle n’avait pas sentit qu’il s’était éloigné pourtant… Elle sursauta quand enfin le jeune homme réagit et lui prit la canne des mains. Pendant quelques secondes, elle fut un peu perdue, elle avait du mal à suivre ses mouvements. La jeune Guide entendit cependant l’échange qu’il y eut entre le jeune homme et le vendeur, et entendit un bruit de pièces en or qui tombaient au sol. Mais que se passait-il ? Elle n’obtint cependant aucune explication, et entendit simplement son jeune compagnon revenir et lui rendre la canne. L’aveugle la caressa un instant avant de bien la prendre en main et de la poser au sol. Ca allait lui faire bizarre de se déplacer avec une canne désormais.

Le jeune homme lui proposa une visite de la ville, et Morgan hésita un instant. Elle n’aimait vraiment pas ce monde, trop sombre, trop crasseux, et s’y sentait mal à l’aise, elle avait donc très envie de vite partir et de rentrer à Infinity, où tout n’était que beauté et pureté. Mais d’un autre coté, son compagnon lui avait payé sa canne, et avait l’air sincère quand il disait qu’il se sentait seul, elle avait donc des scrupules à refuser son offre. Elle finit par se laisser aller et lui sourit gentiment.


- Merci beaucoup d’avoir payer… Très bien, je veux bien que tu me montre la ville. Je te suis.

La Guide aveugle n’eut cependant pas le temps de réagir, lorsque le jeune homme prit sa main. Elle n’avait pas encore remis ses gants, et ce simple contact suffit à son pouvoir pour se manifester. En une seconde, elle entra dans l’esprit du jeune homme, et vit l’endroit auquel il pensait. Une sorte de clairière à l’orée de la jungle, entourée d’arbre hauts qui semblaient protéger l’endroit de leurs branches feuillues, de fleurs sauvages et d’herbes hautes. Un lieux magnifique, qui semblait tout droit sortit d’un rêve…
Mais Morgan ne s’y attarda pas et retira vivement sa main de celle du jeune homme. Mettant sa canne près d’elle, elle se dépêcha de remettre ses gants, sans un mot pour justifier son acte, espérant juste que le garçon n’avait pas pu lire dans son esprit. Elle détestait son pouvoir car elle le maitrisait mal, c’est pourquoi elle s’habillait autant, afin d’éviter tout contacts avec les autres.

L’aveugle n’expliqua pas son geste, mais elle voulait reprendre un peu de contenance. Ses gants mis en place, elle reprit sa canne et tendit une main vers le jeune homme, lui souriant sincèrement.


- Je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Morgan Sunny, et toi ?

Le changement de conversation n’était pas très subtil, mais c’était mieux que rien…
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Spleen et ideal [SUSPENDU]

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